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très, que par une clef de voûte assez forte pour ne céder à aucun effort. Je l’ai dit, il y a bien des années, avant 93, la révolution ne finira que par le retour des émigrés, des prêtres, tous assujettis, contenus par un bras de fer, né dans la révolution, nourri dans les opinions du siècle, et fort par l’assentiment national qu’il aura su deviner1. »
Les pensées de Mme Bonaparte ne s’élevaient point à cette hauteur. Elle était fière, plutôt pour lui que pour elle , de voir son mari le premier personnage , et, pensait-elle aussi , l’arbitre de l’État. Mais l’avenir l’inquiétait. Qu’adviendrait-il d’eux tous à l'expiration des pouvoirs temporaires du Premier Consul? Et s’il voulait arriver à une magistrature viagère, sous une république continuée, mais surtout s’il prétendait aller au delà, et fonder à son profit une souveraineté héréditaire, que de difficultés, que de périls même entrevoyait sa tendresse alarmée ! Nous le redisons, elle eût mieux aimé voir son époux le second en nom, le premier de fait, dans une monarchie rétablie et gouvernée par lui : elle ignorait qu'une royauté qui devrait sa résurrection à un homme, n’aurait d'autre ressource que l’ingratitude pour prouver qu’elle existe par son principe et son droit propre , et non point par la volonté et grâce à la tutelle d’un bienfaiteur accidentel.
Après avoir, pour achever la pacification intérieure, ordonné la clôture de la liste des émigrés et,