‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 24 sur 232 · Mémoires, p · texte numérisé non relu

Mémoires, p

il S

consigné dans un livre trop souvent suspect; mais les idées qu’il exprime offrent un grand caractère de vérité , car ce sont bien là les arguments qui s’opposaient alors à la restauration de l’ancienne royauté.

I.e héros adopté par la France qui lui demandait son salut, croyait en effet et avait le droit de le dire, toute ambition personnelle mise à part, que ce salut dépendait du triomphe de la révolution dans son meilleur sens', dans ce qu’elle avait de légitime et de consacré. Ce triomphe des institutions modernes ne pouvait être accompli que par lui; ce système réclamé par l’état des esprits, et qui se traduisait par ces mots « plus de persécution, protection à tous, rapprochement des partis, » ne devait prévaloir qu’à l’ombre d’un gouvernement libre de tout passé et sans engagement avec l’avenir. Cette mission providentielle, le Premier Consul voulait donc l’accomplir seul, sans dépendre de personne, et avec la conscience qu’aucun homme, aucun principe, dans l’état de la France, ne le pouvait comme lui, autant que lui. «J’entends (avait-il dit dès les premiers jours du Consulat à son frère Joseph , avec cette netteté prophétique qui ne s’obscurcit que plus tardj, j’entends que mon gouvernement réunisse tous les Français. C’est une grande route où tous peuvent aboutir. La fin de la révolution ne peut résulter que du concours de tous, et les divers partis ne peuvent être contenus et devenir inoffensifs les uns aux au-

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