‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 29 sur 232 · Mme d 'Abrantès, t. lit, p · texte numérisé non relu

Mme d 'Abrantès, t. lit, p

tacle. La musique recommençait lorsque Joséphine entra.,Mais bientôt la sinistre réalité ne tarda pas à être connue. Une agitation extrême s’empare de la salle, et l’exécution de l’œuvre d’Haydn est de nouveau interrompue. Mais nous donnons la parole à un témoin oculaire, qui se trouvait à l’unisson des sentiments de cette foule, passant, en peu d’instants, par tous les degrés d’une indignation croissante, pour arriver à une explosion d’enthousiasme qui se reproduisit plus d’une fois dans la soirée.

« Un bruit sourd (dit Mme la duchesse d’Abrantès à qui ce souvenir a inspiré une page éloquente1) commença à se répandre du parterre à l’orchestre, à l’amphithéâtre, puis aux loges. Bientôt la nouvelle véritable circula dans la salle. A l'instant même, et par un coup vraiment électrique , une même acclamation se fit entendre, un même regard sembla couvrir Napoléon d’un amour protecteur. Ce que je rapporte ici , je l’ai vu , et je ne l’ai pas Vu seule.... Quelle agitation précéda l’explosion de la colère nationale qui était représentée, dans ce premier quart d’heure, par cette foule dont la fureur pour un attentat si noir, ne peut être exprimée par des mots ! On voyait des femmes pleurer à sanglots, des hommes frémissant d’indignation , quelle que fût la bannière qu’ils suivissent, et s’unissant du cœur et du bras dans cette circonstance pour prouver que les différences d’opinion n’apportent pas avec elles de diffé-

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