‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 36 sur 232 · T. III p · texte numérisé non relu

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réunies dans une taille svelte comme celle d’un palmier; elle était alors ronde et menue, ce qui est le complément d’une jolie taille. Elle avait de jolis pieds, des mains très-blanches, avec des ongles bien bombés et rosés, dont la beauté lui avait mérité l’attention spéciale de M. le chevalier de Livry. J’ai déjà parlé de ses cheveux qui accompagnaient à merveille, de leurs grosses boucles soyeuses, des yeux bleus d’une douceur infinie et d’une grande puissance de regard. Son teint était celui d’une blonde; elle n’avait pas beaucoup de couleurs, mais ses joues reflétaient assez de rose pour qu’elle eût de la fraîcheur, et cela d’une manière élégante : sa fraîcheur sentait bon, sans porter à la tête. Sans être grande, elle paraissait d’une taille élevée, parce qu’elle avait un maintien de femme bien apprise.... Mlle de Beauharnais, que je connus alors assez particulièrement pour faire le portrait de son moral comme je fais celui de sa personne, me parut, aussitôt que je pus l’apprécier, une personne remarquable sous tous les rapports qui se présentent ordinairement pour faire juger une femmo. Elle était gaie, douce, parfaitement bonne, d’un esprit fin qui réunissait cette gaieté douce avec assez de malice pour être fort piquant et rendre sa conversation désirable; possédant des talents qui n’avaient nul besoin d’être vantés pour être connus. Sa charmante manière de dessiner, l’harmonie de ses chants improvisés, son talent remarquable pour jouer la comédie , une instruction soignée, voilà ce qui se trouvait dans Hortense de Beauharnais en 1800, à Fépoque de mon mariage.

Alors elle était une charmante jeune fille; depuis elle est devenue une des plus aimables princesses de l’Europe. » C’est enfin Mme d’Abrantès , qui flatte si peu la mère, qui a dit de la fille ce mot énergique et vrai pour toutes les deux : elle plaisait impérativement.

C’est à la même plume que nous allons demander le portrait suivant du fils de Joséphine : « Eugène promettait d’être ce qu’il fut, un charmant et aimable garçon. Toute sa personne offrait un ensemble d’élégance d'autant plus attrayant qu’il y joignait une chose qui se trouve rarement avec elle , c’était de la franchise et de la gaieté dans toutes ses façons. Il était rieur comme un enfant, mais jamais son hilarité n’eût été provoquée par une chose de mauvais goût. Il était aimable, gracieux, fort poli sans être obséquieux, et moqueur sans être impertinent, talent perdu. IL jouait très-bien la comédie, chantait à ravir, dansait comme avait dansé son père, et était enfin un fort agréable jeune homme1 2. » D’autres parlent de sa taille élevée et bien prise, de son air avenant et de sa physionomie franche et ouverte , vrai miroir de son âme, quoique ses traits n’eussent rien de remarquable : on rend pareillement justice à la simplicité, au parfait naturel de ses manières, à son esprit et à son affabilité constante*. C’en est assez pour pouvoir affirmer qu’Eugène de Beauharnais devait être l’un des plus parfaits cavaliers du salon de sa mère, où il

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