Mémoires àu prince Eugène, 1. 1", p
l’étude de sa profession, « travaillant, dit-il, à se perfectionner dans la science militaire , soit par des lectures, soit par des conversations avec des officiers consommés, soit enfin en se livrant à tous les détails du métier 1 ; » mais surtout en mettant à profit, avec une reconnaissante docilité et une véritable affection filiale, les leçons et les conseils que Bonaparte se plaisait à lui prodiguer, pour le rendre digne de ce grade hâtif de colonel des chasseurs de la garde, qui lui fut donné en 1802, lorsqu’il accomplissait sa vingt et unième année.
Depuis l’avénement du Consulat, Mme Campan ne perdait point de vue son élève privilégiée. Sa tendresse attentive la suivait dans ce monde si nouveau, sur ce théâtre si élevé où, en sortant de ses mains, Mllede Beauharnais s’était trouvée lancée, et elle ne lui ménageait pas les conseils et les directions. Dans ses lettres , Joséphine trouvait des indications précises , de sages réflexions sur la vie et les usages anciens d’un palais bien connu de la fidèle femme de chambre de Marie-Antoinette. Elle en faisait son profit plutôt pour réaliser les intentions du Premier Consul livré aux pressentiments de l’avenir, que pour suivre ses propres goûts; car cet avenir alarmait sa modération, et elle n’avait nul désir de hâter le pas déjà si rapide de la fortune.
Mais les choses avaient leur logique qu’il fallait subir. Si Mme Bonaparte ne portait point le titre de *