‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 46 sur 232 · Mémoires de Bouricnne, t. IV, p. 35 et · texte numérisé non relu

Mémoires de Bouricnne, t. IV, p. 35 et

2. Mémoires sur l’Impératrice Joséphine, par Mme Ducre.t Éd. G Barba, p. 7.

tout cet accord harmonieux du regard , de la voix , de l’attitude et du geste; cetle onction de la physionomie, en un mot, qui a frappé et charmé tous les contemporains.

Mais parmi les portraits de Joséphine, il ne faut point omettre celui qu’en a tracé l’homme le mieux fait pour la bien juger. Le souvenir de sa première femme était l’un de ceux qu’affectionnait Napoléon captif, car il lui rappelait les meilleurs années, les plusdoucesjouissances de sa vie. Le nom de Joséphine revient souvent dans les conversations recueillies par ses secrétaires; presque toujours c’est avec le ton de l’éloge affectueux et attendri, et les traits malheureusement épars dont il a peint sa fidèle compagne, sont, sans contredit, ceux qui en donnent le mieux l’idée. Nous en réunissons quelques-uns; le reste trouvera sa place dans la suite du récit.

Lorsque le hasard mit Bonaparte eu présence de celle qui devait être sa femme, il nous l’a déjà dit et nous l’avons consigné, il fut frappé par son extérieur, « par ses manières douces et attrayantes. » Cette favorable impression ne reçut de la vie commune aucune atténuation; il n’y eut jamais chez lui de désillusion. Au contraire, le charme fut sans cesse en augmentant, grâce à cette science de l’intérieur dont Joséphine a été le plus parfait modèle. « Dans aucun moment de la vie, disait l’Empereur à ses compagnons, Joséphine n’avait de positions ou d’attitudes qui ne fussent agréables ou séduisantes; il eût été impossible de lui surprendre ou d’en éprouver jamais aucun

bE l'IUPÈUATRICE JOSÉPHINE.

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inconvénient. Tout ce que l’art peut imaginer eu faveur des attraits était employé par elle, mais avec un tel mystère qu’on n’en apercevait jamais rien, toujours maîtresse d’elle-même, toujours en scène. » Napoléon se plaît surtout à vanter l’excellence de son caractère et son inlinie douceur. Il y revient à plusieurs reprises: « Il l’avait, continuait-il, toujours trouvée de l’humeur la plus égale et d’une complaisance absolue, bonne, douce et fort attachée à son mari.... Jamais il n’avait été témoin de sa mauvaise humeur; elle s’était montrée constamment occupée à lui plaire.... Professant à tout moment et en toute occasion la soumission , le dévouement, la complaisance la plus absolue, elle mettait ces dispositions et ces qualités au rang des vertus et de l’adresse politique dans son sexe. » A sa finesse native, Joséphine, selon ces confidences de Sainte-Hélène, joignait « une connaissance accomplie de toutes les nuances du caractère de Napoléon, et un tact admirable pour les mettre en pratique. » Comparant enfin ses deux femmes entre elles, l’Empereur avait trouvé un adage qu’il aimait à redire, comme résumant d’un seul trait ces types différents : «L’une, disait-il, était les grâces et tous leurs charmes; l’autre, l innocence et tous ses attraits. 1 »

Dans ces entretiens d’outre-mer, une seule critique subsiste, renouvelée par Napoléon bien souvent pendant le Consulat et l’Empire. Elle avait pour objet les

1. Mémorial de Sainte-Hélène, 1" partie, p. 38, 79, 115 et 245.

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goûts de luxe, le défaut d’ordre, l’imprévoyance de Joséphine, toujours endettée, toujours grondée et toujours prodigue. Mais nous réservons ce point pour un prochain chapitre. Nous verrons aussi ce qu’il en fut des autres défauts reprochés à l’Impératrice, tels que son penchant pour la superstition , la faiblesse de son caractère, sa banalité dans la bienveillance, sa facilité à s’engager et à oublier ses promesses. Ces reproches lui viennent tous d’une même part Ils n’en confirment que mieux les éloges qui se trouvent sous la même plume et qui portent sur sa personne. Tout à l’heure Mme d’Abrantès nous la montrait « rayonnante de beauté. » «Joséphine, dit-elle ailleurs , avait une taille et une tournure ravissantes et les bras les plus beaux ; à cet égard elle pouvait lutter, et même avec succès, contre sa belle-sœur (Pauline), qui n’avait pas une grâce aussi parfaite quelle dans tous ses mouvements. » Elle avait, ajoute-t-elle encore, « le goût du beau et du bien, était toujours gracieuse, ne négligeait rien et avait mérité sa réputation de femme parfaitement élégante, en adaptant la mode à la convenance de sa personne. » Mais comme la critique ne perd pas ses droits, le peintre se dédommage sur les dents et l’âge de Joséphine, exagérant selon sa coutume, car les contemporains ne signalent aucune défectuosité apparente dans la figure de l’Impératrice, et l’on s’accorde à admirer cette jeunesse persistante, celte rare conservation

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