‹ Histoire de l'impératrice Joséphine. IIChapitre 72 sur 232 · Utmoire) *ur le Coneulat, p · texte numérisé non relu

Utmoire) *ur le Coneulat, p

« ....Ils veulent faire renvoyer Chaptal et Fouché. Fouché les gêne parce qu’il dit la vérité à Bonaparte. Il est perdu s’il renvoie Fouché.... Dans tout ceci, Lucien travaille pour lui , Roederer pour Lucien , Talleyrand pour je ne sais qui , car avec lui on ne sait sur quoi compter. D’ailleurs Bonaparte ne paraît pas donner dans ces idées, mais il les écoute, et, comme presque personne ne les combat auprès de lui, il peut finir par être entraîné. Je lui dis souvent : « U y a deux choses qui perdent les « hommes : la faiblesse et l’ambition. » Ce n’est pas pour moi que je parle, car je n’ai aucune prétention. Mais quel dommage qu’un jeune homme qui a de si grands titres à la gloire et aux hommages de son siècle et de la postérité soit corrompu par des flatteurs ! En causant avec moi de tous ces projets de stabilité , il me dit : « C’est aussi dans « ton intérêt et dans celui de tes enfants, car si je « mourais tu serais égorgée. » Je lui réponds : « Je « suis contente de ma situation; je ne désire rien « de plus, ni pour moi, ni pour ma famille. Je ne « crains rien pour l’avenir. » Je ne me suis point enrichie aux dépens de la nation. Je ne possède rien que ce que j’avais avant de l’épouser. Mes diamants, ils m’ont été donnés par le Pape et la république Cisalpine. Je n’ai point d’argent, car je ne sais pas refuser vingt-cinq louis à ceux qui en ont besoin. Je n’ai que des dettes. Je n’ai pas voulu que mon fils eût un grade qu’il ne l’eût mérité. Ah! mon cher, ces hommes-là sont capables de tout pour en venir à leur

but. J’envie Bouvent la paix et l’obscurité de la femme d’un laboureur'. »

On a contesté cette simplicité, ce détachement de toute ambition qui ont caractérisé Joséphine, et dont nous rencontrons ici une expression évidemment fort exagérée et arrachée par d’injustes attaques. Il faut cependant lui accorder, toute sa vie en dépose, cette constante modération dans les désirs; cette bienséante humilité dans la fortune , qui se conciliait chez elle avec la passion de l’élégance et du luxe dans toute leur fantaisie et leur plus poétique exagération : contraste bizarre, mais association sincère, qui donnent plus de piquant et de charme à cette physionomie à la fois si féminine et si forte.

De ces débats sortit le Consulat à vie, qui dépassait les craintes de Mme Bonaparte, alarmée d’une simple prorogation à terme, mais qui restait en deçà des projets formés par l’entourage du Premier Consul, et de ce que la nation eût non-seulement permis, mais souhaité déjà. On voit bien cette situation dans le passage suivant, écrit à ce moment même sur le cahier quotidien de ses souvenirs , par un homme bien peu suspect, car son nom compte parmi ceux des plus purs amis de la liberté’: « La France, agitée pendant quelques années, n’a plus qu’un besoin , qu’un sentiment, le repos. Tout ce qui pourra le lui garantir aura son assentiment. Ses habitants, accoutumés à se mêler activement de toutes les questions politiques,

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