Mémoires sur lu Consolât, p
nous ne pensons pas que Joséphine ait eu , vis-à-vis de Mme Moreau ou de sa mère , les torts que celles-ci lui supposaient. Nous n’en dirions pas autant du Premier Consul , qui , partisan décidé de la subordination des femmes , et d’ailleurs habitué à la douceur de son intérieur, affichait pour les façons dominatrices de Mme llulot une véritable répugnance. Un jour, entre autres, il avait poussé évidemment trop loin ce sentiment de répulsion qu’elle lui inspirait , et l’ayant trouvée à sa table à la Malmaison, venue trop familièrement sans être invitée, il lui fit , pendant le dîner, la plus froide mine , et ne lui adressa même pas la parole ; ce qui était un tort, lors même qu’il eût eu à lui reprocher quelquesuns de ces propos malveillants dont Mme llulot commençait à se montrer prodigue. Joséphine , dans cette circonstance , fut pour elle d’autant plus aimable et attentionnée, que son mari l’était moins; mais le coup était porté, et la belle-mère du général Moreau voua au général Bonaparte une haine ardente à se satisfaire'.
Mme Moreau avait des dispositions à accepter les sentiments de sa mère. Jolie de figure , pourvue des talents que l’on acquérait chez Mme Campan et ne manquant pas de prétentions quand elle était jeune fille, une fois devenue la femme du vainqueur de Hohenlinden , elle eut toute l’ambition de son nom. Comme dans sa tendresse et ses illusions d’épouse,