‹ Histoire de l'influence espagnole sur la littérature françaiseChapitre 91 sur 124 · Cf, dans La Lésende des Siècles : « Plein Ciel · texte numérisé non relu

Cf, dans La Lésende des Siècles : « Plein Ciel

il ne risque point d'échapper. Comme Philippe II, Gaïffer est a le Mal tenant le Glaive ». Sa puissance est bâtie sur les trois péchés inexpiables, et le « mystère » de son donjon sanglant s'explique, puisqu'il n'est que « la grille obscure de l'enfer K »

Que reste-t-il de l'Espagne dans une pièce dont la composition tripartite accentue le symbolisme général? Quelques détails çà et là nous y ramènent. Les noms d'Irun et de Fontarabie évoquent un paysage qui a vivement frappé les yeux du poète. Parfois, ce sont des souvenirs littéraires qu'un simple mot suffit à éveiller. Le « noir MiramolLn » auquel Gaiffer livre son maître n'est qu'une forme abrégée du Miramamolin qu'un romance nous montre assiégeant Vêlez -. Qui sait même si le nom qui lui est donné, Hécuba le démon, ne vient pas du titre mal compris d'un autre romance consacré à Hécube ^ ? C'est aussi à une origine à la fois chevaleresque et espagnole qu'on peut rattacher le nom d'Aymon et sa fonction de « bon campeador. » Il n'est pas enfin jusqu'aux infants d'Oloron qui ne soient \ictimes d'un crime dont le romancero nous fournit plus d'un exemple; mais c'est surtout dans le Petit roi de Galice que sera illustré le procédé expéditif qui change en tonsure une couronne.

Il n'en est pas moins vrai qu'une bonne partie du cadre historique et du décor géographique de Gaiffer vient tout simplement de l'article Aquitaine du dictionnaire de Moreri '. C'est Moreri qui fournit la généalogie du héros. N'oublions pas cependant que le nom qu'il porte le rattache directement à un personnage fameux parmi les Visigoths établis au delà des Pyrénées. Le Walter d'Espagne que célèbrent les poèmes germaniques du xiii^ siècle présente de singulières analogies avec le Gaifer qu'un romance du xvi® siècle nous montre cheminant « de nuit par les chemins et de

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