PROPAGANDE POPULAIRE
contemporain bien informé nous assure que les quatre erreurs principales des Vaudois consistaient à porter des sandales suivant l'exemple des Apôtres, à prohiber le serment et l'homicide et à enseigner que tout membre de la Secte, pourvu qu'il portât des sandales, pouvait, en cas de nécessité, consacrer l'Eucharistie (1).
Tout cela n'était que l'effet d'un désir naïf et sincère d'obéh aux commandements du Christ et de faire de l'Évangile un modèle efficace pour la conduite de la vie quotidienne. Mais si ces principes avaient été universellement adoptés, ils auraient réduit l'Église à la pauvreté des temps apostoliques et auraient effacé la plupart des différences qui existaient entre les prêtres et les laïques. Les sectaires étaient inspirés de l'esprit qui fait les véritables missionnaires ; leur zèle de prosélytes était sans bornes ; ils voyageaient de pays en pays, enseignant leurs doctrines et trouvant partout un accueil cordial, particulièrement dans les basses classes, toujours prêtes à embrasser une opinion qui promettait de les affranchir des vices et de la tyrannie du clergé. On nous dit qu'un des principaux apôtres vaudois portait avec lui différents costumes, apparaissant tantôt comme un savetier, tantôt comme un barbier, tantôt encore comme un paysan, et bien que le but de ces déguisements puisse avoir été d'éluder les poursuites, on peut y voir aussi l'indication des classes sociales auxquelles s'adressait de préférence la propagande des Vaudois.
81 Les Pauvres de Lyon se multiplièrent avec une rapidité
(1) Alani de Insulis Contra Hœreticos, lib. h. — Disputai, inter f.athul. et Paterin. (Martène, Thesaur. v, 1754). — Kescript. Pauperum Lombard. 21, 22 (W. Preger, Beitraege, p. 60, 61).— Eymerici Direct. Inquis. p. n, q. 44 (p. 278, 279). — Pétri Sarnaii — Historia Albigens. cap. 2. — En 1321, un homme et une femme lurent amenés devant l'Inquisition de Toulouse et refusèrent l'un et l'au'r.; de prêter serment; ils donnèrent comme motif, non seulement que le serment était un péché par lui-même, mais que l'homme, en le prêtant, risquerait de tomber malade et la femme de faire une fausse couche (Lib. Sent. Inq. Tolosan. éd. Limborch, p. 289).
Au cours de la persécution des Vaudois du Piémont vers la fin du xive siècle, une des questions posées par les Inquisiteurs concernait la croyance à la validité des sacrements administrés par les mauvais prêtres. — Processus contra Valdenses (Archivio Storico Italiano, 1865, n° 3% p. 48).