LES VAUDOIS ET LE SACERDOCE
à pousser leurs principes jusqu'à leurs conséquences extrêmes et qu'ils professaient en outre plusieurs doctrines qui s'écartaient de l'enseignement catholique (1).
Les Vaudois pensaient qu'il fallait obéir aux bons prélats, à ceux qui menaient une vie vraiment apostolique, mais que seuls ces prélats irréprochables avaient le droit de lier et de délier. Une pareille doctrine portait un coup mortel à toute l'organisation de l'Eglise. Si, en effet, c'était le mérite et non l'ordination qui conférait le pouvoir de consacrer et de bénir, tout homme menant une vie exemplaire pouvait en faire autant; et comme les Vaudois prétendaient tous vivre sans reproche, il en résultait que tous, bien que laïques, pouvaient exercer toutes les fonctions du sacerdoce. Il en résultait également que les actes rituels accomplis par de mauvais prêtres étaient nuls, conclusion que les Vaudois de France hésitèrent d'abord à admettre, tandis que les Vaudois d'Italie l'acceptèrent sans hésitation. L'idée que la confession faite à un laïque était aussi efficace que si elle s'adressait à un prêtre, constituait une atteinte sérieuse au sacrement de la pénitence, quoique le quatrième concile de Latran n'eût pas encore, à cette époque, rendu obligatoire la confession sacerdotale; Alain lui-même concède qu'en l'absence d'un prêtre la confession faite à un laïque peut suffire. Le système des indulgences était une autre 80 invention sacerdotale que les Vaudois rejetaient. Ils professaient trois règles essentielles de moralité, qui devinrent caractéristiques de leur secte. Tout mensonge est un péché mortel ; tout serment, même devant un tribunal, est interdit ; l'effusion du sang humain n'est jamais permise, pas plus à la guerre qu'en exécution de sentences juridiques. Ce dernier principe impliquait la non-résistance et réduisait le danger présenté par l'hérésie vaudoise aux inconvénients de l'influence morale qu'elle pouvait parvenir à exercer. Bien plus tard, en 4217, un
(i) Chron. Canon. Laudunens. ann. 1177, 1178 (Bouquet XIII, 682).— Stephani De Borbone, 1. c. — Richard. Cluniac. 1. c. — David Augustens. 1. c. — Monetae 1. c. — Gualt. Mapes, De nugis curialium, dist. i, cap. 31. — Lucii PP. III. Epist. 171. — Conrad. Ursperg. ann. 1210. — Beroardi Fontis Calidi ado. Waldenses.