‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 106 sur 551 · VAUDOIS ET ALBIGEOIS · texte numérisé non relu

VAUDOIS ET ALBIGEOIS

l'évêque ou son représentant et jurer de faire observer la nouvelle loi (1).

82 Le caractère de cette législation révèle l'esprit dans lequel l'Église et l'État se préparaient à faire face au mouvement intellectuel de cette époque. Quelque inoffensifs que pussent paraître les Vaudois, on les regardait comme des ennemis très dangereux, qui devaient être persécutés sans merci. Dans le midi de la France, ils allaient être exterminés en même temps que les Albigeois, bien que l'on reconnût clairement la différence entre ces deux sectes. Les documents de l'Inquisition mentionnent constamment 1' « Hérésie et le Waldésianisme », désignant par le premier de ces termes le Catharisme comme l'hérésie par excellence. Les Vaudois eux-mêmes considéraient les Cathares comme des hérétiques qui devaient être combattus par la persuasion, bien que la persécution qu'ils enduraient en commun les obligeât souvent à s'associer (2).

Dans une secte répandue sur de si vastes territoires, de l'Aragon à la Bohême, qui comprenait surtout des pauvres et des illettrés, il était inévitable qu'il se produisît des divergences d'organisation et de doctrine et que le développement indépendant des communautés poursuivît une marche inégale. Les travaux de Dieckhoff, de Herzog et surtout de Montet ont prouvé de nos jours que les premiers Vaudois n'étaient nullement des Protestants au sens moderne du mot et que, en dépit des persécutions, beaucoup d'entre eux continuèrent à se regarder comme des membres de l'Église romaine, avec une persistance attestant la réalité des abus qui les conduisirent d'abord au schisme, puis à l'hérésie. Chez d'autres, cependant, l'esprit de révolte mûrit beaucoup plus vite et c'est pourquoi il nous est impossible, vu les limites qui nous sont imposées, de présenter un tableau précis et complet d'une doctrine qui différait si notablement suivant les époques et les lieux.

(1) Rivista Cristiana, mars 1887, p. 92. — Pegnae Comment. 39 in Eymerici Dirertor. p. 281. — Steph. de Borbone, 1. c. — Concil. Gerundens. ann. 1197 (Aguirre, v, 102, 103). — Marca Hispanica, p. 1384.

(2) Voir les Sentences de Pierre Cella in Doat, xxn. — Montet, Hist litt. des Vaudois, p. 116 et suiv.

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