‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 107 sur 551 · HIÉRARCHIE VAUDOISE · texte numérisé non relu

HIÉRARCHIE VAUDOISE

Par exemple, dès le xme siècle, un inquisiteur expérimenté, rédigeant des instructions pour l'examen des Vaudois, admet qu'ils ne croient point à la présence du corps et du sang du Christ dans l'Eucharistie; en 1332, nous apprenons en effet que cette incrédulité était professée par les Vaudois de Savoie. Mais, précisément à cette même époque, Bernard Gui nous assure que les Vaudois croyaient à la transsubstantiation et M. Montet a prouvé, par l'étude de leurs écrits successifs, qu'ils ont, en effet, changé d'opinion à cet égard. L'inquisiteur qui brûla les Vaudois 8& de Mayence en 1392 dit qu'ils niaient la transsubstantiation, mais ajoutaient que si ce miracle était possible, il ne se produirait certainement pas aux mains d'un prêtre indigne. Même flottement dans leurs doctrines sur le Purgatoire, sur l'intercession des Saints, sur l'invocation de la Vierge, etc. L'antisacerdotalisme, qui caractérisait cette secte à son origine, tendit naturellement, en se développant, à supprimer tous les médiateurs interposés par l'Église entre Dieu et l'homme, bien que ce progrès n'ait nullement été uniforme. Ainsi les Vaudois qu'on brûla à Strasbourg en 1212 rejetaient toute distinction entre le clergé et les laïques. En revanche, les communautés lombardes, vers la même époque, élisaient des ministres soit à vie, soit pour un temps. Vaudois français et lombards admettaient, à cette époque, que l'Eucharistie ne pouvait être administrée que par un prêtre ayant reçu l'ordination, bien qu'ils fussent en désaccord sur la question de savoir s'il était indispensable qu'il ne fût pas en état de péché mortel. Bernard Gui mentionne trois ordres parmi les Vaudois — diacres, prêtres et évêques; M. Montet a découvert dans un manuscrit de 1404 une formule d'ordination vaudoise; et quand Y Union des Frères de Bohême fut organisée en 1467, elle eut recours à l'évêque vaudois Etienne pour consacrer ses premiers évêques. Toutefois, les tendances antisacerdotales devinrent si fortes que la différence entre prêtres et laïques s'effaça dans une grande mesure et que le « pouvoir des clefs » fut complètement rejeté. Vers 1400, la Nobla Leyczon déclare que tous les papes, cardinaux, évêques et abbés, depuis l'époque de Saint-Sylvestre, n'étaient pas en

<)4 « PARFAITS » OU « MAJORALES »

état de remettre un seul péché mortel, parce que le pouvoir du pardon n'appartient qu'à Dieu. Une fois que l'âme du fidèle était censée converser directement avec Dieu, toutle mécanisme des indulgences et des soi-disant œuvres pies était supprime d'un coup. 11 est vrai que la foi sans les œuvres est vaine; mais les bonnes œuvres, disaient les Vaudois, étaient la pieté, le repentir, la charité et la justice, non des pèlerinages, des exercices purement formels, des fondations d'églises et des honneurs rendus aux saints (1).

U Le système vaudois créait ainsi une organisation ecclésiastique très simple et tendant à se simplifier encore. La distinction entre les clercs et les laïques était réduite au minimum. Le laïque pouvait recevoir des confessions, baptiser et prêcher. Dans quelques communautés on voyait, le jeudi saint, chaque chef de famille administrer la communion, consacrant lw éléments et les distribuant lui-même. Il y avait cependant un clergé organisé, dont les membres, connus sous le nom de Parfaits ou de Majorâtes, enseignaient les fidèles et convertissaient les incroyants. Ils renonçaient à toute propriété et se séparaient de leurs femmes; d'autres avaient observe, depuis leur jeunesse, la plus stricte chasteté. Ces prêtres parcouraient le pays en recevant des confessions, en recrutant des adeptes; ils étaient entretenus par les contributions volontaires des travailleurs. Les Vaudois de Poméranie croyaient que tousies sept

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Wattenbach, Sitzungsber. der Preuss. Akad 1886, p. 51, 52.

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