‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 113 sur 551 · LES CATHARES · texte numérisé non relu

LES CATHARES

$9 Les mouvements dont il a été question étaient le résultat naturel de l'antisacerdotalisme, s'efforçant de ramener l'Église chrétienne à la simplicité de l'âge apostolique. C'est un singulier caractère du sentiment religieux à cette époque que la plus formidable hostilité à rencontre de Rome ait été fondée sur une croyance qui peut à peine être qualifiée de chrétienne, et que cette doctrine hybride se soit répandue si vite, ait résisté si obstinément à tous les efforts tentés contre elle, qu'elle parut, un moment, menacer l'existence même du catholicisme. L'explication de ce fait se trouve peut-être dans la séduction qu'exerce la doctrine dualiste, — l'antagonisme des principes éternels du bien et du mal, — sur l'esprit de ceux qui considèrent l'existence du mal comme incompatible avec la suprématie d'un Dieu infiniment bon et infiniment puissant. Quand on ajoute au dualisme la docjtrine de la transmigration, impliquant des récompenses et des peines, les souffrances des hommes paraissent suffisamment justifiées ; et à une époque où ces souffrances étaient aussi universelles qu'au xie et au xne siècles, on conçoit que bien des hommes fussent disposés à résoudre de la sorte le problème du mal. Toutefois, ces considérations n'expliquent pas encore pourquoi le manichéisme des Cathares, des Patarins ou des Albigeois ne fut pas seulement un dogme spéculatif enseigné dans les écoles, mais une foi qui éveillait un fanatisme enthousiaste, au point que les fidèles ne reculaient devant aucun sacrifice pour

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