‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 12 sur 551 · XX HISTORIOGRAPHIE DE L INQUISITION · texte numérisé non relu

XX HISTORIOGRAPHIE DE L INQUISITION

J. J. Herzog, K. Millier, W. Preger, H. Ilaupt, etc. Sur Wicleff on a les livres classiques de G. V. Lechler et R. Buddensieg, sur les Templiers ceux de K. Schottmiïller, H. Prutz et J. Gmelin. Sur Huss et les sectes de Bohème on a les recherches approfondies de G. V. Lechler, J. Gottschick, J. Loserth, G. Hœfler, F. von Bezold et W. Preger, celles des historiens tchèques Fr. Palacky, A. Gindely, Jaroslav Goll, etc. Mais, en fait d'histoire proprement dite de l'Inquisition, il n'y a guère que ce que les Allemands eux-mêmes appellent des Vorarbeiten : quelques dissertations, des articles de revues, des mémoires d'Académies et quelques documents inédits publiés sans plan ni système. On peut citer ainsi trois études sur le premier inquisiteur d'Allemagne, Conrad de Marburg (1). L'illustre chanoine J. Dœllinger avait rassemblé pendant de longues années des pièces inédites de tout genre sur les sectes hérétiques; après sa mort, le professeur F. H. Reusch de Bonn les a publiées en deux curieux volumes (2) qui rendront service aux futurs historiens de l'Inquisition allemande. Dans les dernières années de sa longue carrière, le professeur W. Wattenbach, de Berlin, a édité et commenté des documents concernant la répression de l'hérésie en Allemagne (3). Enfin, Julius Ficker a

(1) Toutes trois portent le même titre : Konrad von Marburg. Les auteurs sont Hausrath (1861), Henke(18Gl) et B. Kaltner (1882).

(2)Beitrœge zur Sektengeschichte des MUtdalters, 1800. D;ins ses Kleinere Schriften, publiés également par Reusch en 1890, ont paru aussi deux études anonymes de 1867 et 1868, ou il parle a\ec une grande indépendance et une vaste érudition des origines et des développements des Inquisitions des Papes et d'Espagne (p. 286-356 et p. 337-405).

(3) Ueber die Inquisition gegen die Waldenser in Pommern und der Mark Bvandenburq (Berlin, 1886). — Ueber die Secte der Brader vom freien Geiste Ibid., 1887). — Ueber das Handbuch eines Inquhitors in der Kirchenbibliothek Sanct Nicolai in Greifswuld (Ibid., 1888). —Jlat'haeus Grabow (1895).

HISTORIOGRAPHIE DE L'iNQUISITION XXI

donné, en même temps que Julien Havet, une dissertation érudite sur l'introduction de la peine de mort en matière d'hérésie en Occident (1).

En Espagne, on a étudié exclusivement la terrible Inquisition nationale. Outre l'ouvrage de Rodrigo, cité plus haut, il convient de mentionner les trois volumes de Menendez y Pelayo, Heterodoxos Espanoles (Madrid 1880) et les Procedimientos de la Inquisition (2 vol., Madrid 1886) par Melgares Marin,

En Italie, comme en Allemagne, on a étudié l'histoire des hérésies plutôt que celle de l'Inquisition. Les professeurs Emilio Comba et Felice Tocco, de Florence, ont attaché leur nom aux recherches sur les Vaudois et les hérétiques du moyen âge italien. L'éminent historien Pasquale Villari a fait revivre les temps et les idées de l'époque de Savonarole et de Machiavel. Il serait cependant injuste d'omettre le livre de Filippo de Boni, Vinquisizione e i Calabro-Valdesl (Milan 1864), auquel se rattache celui de Lombard, Jean-Louis Paschale et les martyrs de Calabre (Genève 1881). Tous deux sont puisés à des sources inédites du xvie siècle.

L'Angleterre, qui n'a pas connu l'Inquisition proprement dite, manque de documents à exhumer et à étudier. Là aussi, ce sont les hérésies et les dissensions religieuses qui ont accaparé l'attention des érudits au détriment de l'Inquisition.

En somme, vers 1890, dans les principaux pays d'érudition de l'Europe, l'historiographie de l'Inquisition était

(1) Die gesetzliehe Einfiihrung âer Todesstrafs fur Ketzerei. (Mittheilungen des Instituts fur OEsterreichische Geschichlsforschung, t. i, 2e fasc. lnnspruck, 1880).

Page 1