‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 132 sur 551 · CATHARES EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CATHARES EN ALLEMAGNE

Dans les Flandres, l'hérésie jeta des racines profondes parmi les industrieux ouvriers qui faisaient dès lors de leurs villes des centres d'opulence et de progrès. En 1162, Henry, archevêque de Reims, au cours d'une visite dans la Flandre qui formait une partie de sa province, y trouva le Manichéisme dangereusement développé. A cette époque, les dispositions de la loi canonique au sujet de l'hérésie étaient encore confuses et incertaines; l'archevêque permit donc aux hérétiques qu'il avait fait prisonniers d'en appeler au pape Alexandre III, alors en Touraine. Le pape inclinait vers la clémence, au grand scandale de l'archevêque et de son frère Louis VII, qui conseillaient des mesures rigoureuses et affirmaient que les accusés avaient offert la somme énorme de six cents marcs pour être remis en liberté. S'il en était ainsi, c'est que l'hérésie avait déjà gagné les rangs élevés de la société. Malgré l'humanité du pape, la persécution commença avec une telle violence que beaucoup d'hérétiques durent quitter le pays; nous les retrouverons plus tard à Cologne. Vingt ans après, le mal n'avait fait que s'aggraver et Philippe 1er, comte de Flandre, qui devait aller plus tard mourir pour la foi en Palestine, persécutait avec zèle les hérétiques, de concert avec Guillaume, archevêque de Reims. On nous dit qu'ils appartenaient à toutes les classes de la société ; il y avait des nobles et des paysans, des clercs, des soldats, des ouvriers, des jeunes filles, des femmes mariées, des veuves; un grand nombre furent brûlés, sans qu'on réussit à arrêter la contagion (1).

Les populations germaniques étaient relativement indemnes, bien que la proximité des pays rhénans et de la France produisit des cas isolés de contagion. Vers 1100, nous entendons parler à Trêves de quelques hérétiques qui paraissent être restés impunis, bien que deux d'entre eux fussent des prêtres ; en 1200, on en trouve dans la même ville huit autres, qui furent

Alex. PP. III. Epist. 2 [ibid. n, 62S). — Concil. Remens. ann. 1157. — Hist. Monast. Vezeliaeens. lib. iv, ann. 1167. — Caes. Heisterb. Dial. Mime. dist. v, c. 18. — Radulf. Coggeshall. ubi supra. — Innocent. PP. III Ihq. ix, 208.

(1) Alex. PP. III, Epist. 118, 122. — Varior. ad Alex. PP. III Epist. n° 16. — Annal. Aquicinetens. Monast. ann. 1182, 1183. — Gutll. Nangiac. ann. 1183.

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