CATHARES EN ANGLETERRE
113 brûlés. En 1445, tout un groupe d'hérétiques fut dénoncé à Cologne. Quelques-uns furent mis en jugement; mais, pendant le procès, la population s'empara des prisonniers et les brûla sur-le-champ. Il doit y avoir eu, à cette époque, une église cathare établie à Cologne, car l'un des martyrs était appelé l'évêque des autres. En 1163, on découvrit à Cologne huit hommes et trois femmes qui, chassés par la persécution qui sévissait en Flandre, avaient pris refuge dans une grange. Comme ils n'avaient commerce avec personne et ne fréquentaient pas les églises, leurs voisins catholiques conclurent qu'ils étaient hérétiques, les appréhendèrent et les conduisirent devant l'évêque. Ils confessèrent leur foi et se laissèrent joyeusement brûler. D'autres, vers la même époque, montèrent sur le bûcher à Bonn ; mais le martyrologe de l'hérésie dans l'Allemagne du xne siècle s'arrête là. A la vérité, il venait des missionnaires de Hongrie, d'Italie et de France ; nous en rencontrons en Suisse, en Bavière, en Souabe et jusqu'en Saxe; mais ils n'opéraient que peu de conversions (1).
L'hérésie n'était guère plus florissante en Angleterre. Peu de temps après les persécutions en Flandre, en 1166, on y découvrit trente paysans, hommes et femmes, probablement des Flamands qui, chassés par le zèle pieux de Henri de Reims, avaient passé la mer et s'efforçaient de propager leurs erreurs. Ils ne convertirent qu'une seule personne, une femme, qui se rétracta lors du procès. Les autres restèrent inébranlables, lorsque Henri II, alors engagé dans sa querelle avec Becket et désireux de prouver sa fidélité à l'Église, convoqua à Oxford un concile d'évêques, dont il prit la présidence, afin de s'éclairer sur les croyances des accusés. Ceux-ci firent des aveux complets et furent condamnés à être fouettés, marqués au fer rouge d'une clef sur le visage et puis expulsés du pays. L'importance qu'Henri II attachait à cette affaire est attestée par le fait que
(1) Histor. Trevirens. (d'Achery, n, 221, 222). — Alberic. Trium Font. Chron. ann. 1200. — Evervini Steinfeld. Epist. (S. Bernard. Epist. 472.) — Trithetn. Chron. Hirsnug. ann. 1163. — Ecberti Schonaug. contra Cath. serm. v:iï. — Schmidt, i, 94-'.)6.