‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 146 sur 551 · HÉRÉSIE DU NIVERNAIS · texte numérisé non relu

HÉRÉSIE DU NIVERNAIS

les écuries d'Augias; il semblait plus facile d'écraser la révolte par le fer et par le feu. (1)

Nous avons vu avec quelle promptitude et quelle suite dans les idées Innocent entreprit de supprimer l'hérésie en Italie; au-delà des Alpes, il ne se montra ni moins actif, ni moins énergique, et il faut lui rendre cette justice qu'il chercha tou- 13C jours à procéder équitablement, à ne pas confondre les innocents avec les coupables. Depuis longtemps, le Nivernais était connu comme une des régions les plus profondément infectées. Nous avons déjà relaté les troubles suscités à Vézelay en 1167 par le Catharisme et la sévère répression qui avait mis fin aux manifestations de l'hérésie sans en détruire les germes. Vers la fin du siècle, l'éveque Hugues d'Auxerre mérita le surnom de marteau des hérétiques par l'énergie et le succès qui marquèrent ses persécutions ; et bien qu'il fût également célèbre pour son avidité, son mépris du droit, la tyrannie qu'il exerçait dans son diocèse et son ardeur à ruiner ceux dont il avait à se plaindre, son zèle pour la foi sembla couvrir la multitude de ses méfaits. Il avait à peine besoin des exhortations qu'Innocent lui adressa en 1204 pour l'exciter à débarrasser son diocèse de l'hérésie. Par un usage impitoyable des mesures de confiscation, par l'exil et le bûcher, il fit tout en son pouvoir pour exterminer l'hérésie; mais le mal était profond et reparaissait sans cesse. Le principal auteur de la propagande était un anachorète nommé Jerric, qui vivait dans un souterrain près de Corbigny; grâce aux efforts de Foulques de Neuilly, on finit par l'y surprendre et l'y brûler. Mais ce n'était pas seulement parmi les pauvres et les humbles que le Catharisme faisait des recrues. En 1199, le doyen de Nevers etPabbé de Saint-Martin de Nevers firent appel à Innocent pour se plaindre d'être persécutés; la réponse du pape montre à la fois son désir de leur donner toute facilité pour se défendre et la complication de la procédure

(1) Innocent. PP. III Serm. de Diversls, vi ; Regest. vît; J65, x, 5i. — Honor. PP. III Epist. ad Archiep Bituricens (Martène, Ampl. Coll. i, 1140-51). - En 1250, Robert Grosseteste, évèque de Lincoln, dit à Innocent V à Lyon que la corruption du clergé était la cause des hérésies qui affligeaient l'Eglise (Fascic. Rer. expet. et fugiend. n, 251, éd. 1690).

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