‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 147 sur 551 · AFFAIRÉS DE LA CHARITE ET DE METZ · texte numérisé non relu

AFFAIRÉS DE LA CHARITE ET DE METZ

ecclésiastique à celte époque. En 1201, l'évêque Hugues fut plus heureux avec un coupable d'égale importance, le chevalier Everard de Chàteauneuf, auquel le comte Hervey de Nevers avait confié la gestion de ses domaines. Le légat Octavien réunit à Paris un concile, comprenant nombre d'éveques et de théologiens, pour juger Éverard; il fut condamné, principalement sur le témoignage de l'évêque Hugues lui-même, livré au bras séculier et brillé vif. On lui avait cependant accordé un délai pour rendre compte de sa gestion au comte Hervey.

Son neveu, Thierry, hérétique endurci également, se réfugia à Toulouse où, cinq ans après, nous le trouvons évêque des Albigeois, qui étaient heureux d'avoir pour complices un noble français. La Charité était un centre d'hérésie particulièrement actif dans le Nivernais. De 1202 à 1208, nous voyons les citoyens de cette ville en appeler souvent à Innocent, parce que la justice pontificale passait pour plus indulgente que celle des tribunaux du pays ; les décisions du pape témoignent, en effet, 131 d'un louable effort pour empêcher l'injustice. Mais tout cela fut inutile et La Charité fut une des premières villes où il parut nécessaire, en 1233, d'envoyer un inquisiteur. A Troyes, en 1200, huit Cathares, dont trois femmes, furent brûlés vifs; on en brûla d'autres à Braisne, en 1204, parmi lesquels le plus célèbre peintre qui fût alors en France, Nicolas. (1)

En 1199, un autre danger menaça l'Église de Metz, où des sectaires vaudois furent trouvés en possession de la traduction française du Nouveau Testament, du Psautier, du Livre de Job et d'autres parties de l'Écriture, qu'ils étudiaient avec ardeur et refusaient de remettre aux prêtres des paroisses; ils poussaient la hardiesse jusqu'à afûrmer qu'ils connaissaient l'Écriture Sainte mieux que leurs pasteurs et qu'ils avaient le droit de chercher une consolation dans cette lecture. Le cas était embarrassant, car l'Église n'avait pas encore interdit formellement au

(1) Roberti Autissiodor. Chron. ami. 119S-1201. — Hist. Episc. Autissiod. (D Bouquet, xvm, 725-6, 729) — Pétri Sarnens. Hist. AJhij. c. 3. — Innocent. PP. III. Reg. h, 63, 99, v, 36; vi, 63, 239; ix, 110; x, 206. — Potthast n° 9F>2. — Alberic. Trium Fontium Chron. airn. 1200. — Cliron. Canon. Laudun. ann 1204 (D. Bouquet, xvm, 713).

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