MORT DE MONTFORT 2UÎJ
saine, par des femmes — le frappa d'un coup mortel. Son casque fut écrasé et il ne proféra plus une parole. Grande fut la douleur des fidèles à travers toute l'Europe quand la nouvelle se répandit que le glorieux champion du Christ, le nouveau Macchabée, le rempart de la Foi, était tombé comme un martyr pour la cause de la religion. Il fut enseveli à Haute- Bruyère, dépendance du monastère de Dol, et les miracles opérés sur sa tombe montrèrent combien sa vie et sa mort avaient été agréables à Dieu. Toutefois, il ne manqua pas de gens pour attribuer sa ruine soudaine, au moment même où ses succès paraissaient à jamais confirmés, au fait qu'il avait négligé de poursuivre l'hérésie dans son ardeur à satisfaire son ambition (4).
S'il fallait une preuve de plus des éminentes capacités de Montfort, on la trouverait dans la ruine rapide de tout ce qu'il avait fondé, quand son pouvoir passa aux mains de son fils et successeur Amauri. Même pendant le siège, son prestige était encore tel que le puissant Jourdain de l'Isle-Jourdain lui fit sa soumission, comme au duc de Narbonne et comte de Toulouse, en lui donnant pour otages Géraud, comte d'Armagnac et de Fezensac, Roger, vicomte de Fezensaquet et d'autres nobles; ajoutons qu'au mois de février 1218, les citoyens de Narbonne, intimidés, avaient renoncé à leur attitude de rebelles. La mort de Montfort fut considérée comme le signal de la délivrance. Partout où les garnisons françaises n'étaient pas trop fortes, le peuple se souleva, massacra les envahisseurs et rappela ses anciens chefs. Honorius eut beau reconnaître Amauri comme le successeur de l'autorité de son père, mettre au ban les deux Raymond, accorder à Philippe-Auguste un vingtième des revenus ecclésiastiques pour l'exciter à une nouvelle croi-
(1) Pet. Sara. c. 83-6. — Guill. de Pod. Laur. c. 28-30. — Vaiss. m, 271-2; Pr. 66-93. — Guill. de Tud. clvih-ccv. — Raynald. Ann. ann. 1217, n° 52, 55-62; ann. 1218, n° 55. — Martène, Ampl. Coll. i, 1129. — Annal Waverl. ann. 1218.— Bern. Iterii Chron ann. 1218. — Chron. Lemov. ann. 1218. — Guill. JNang. ann. 1218. — Chron. Turon. ann. 1218. — Robert. Autissiod. Chron. ann. 1218. — Chron. S. Taurin. Ebroicens. ann. 1218. — Chron. Ioan. Iperii ann. 1218. — Chron. Laudun. ann. 1218. — Chron. S. Pétri Vivi Senon. append. ann. 1218. — Alberici Trium Fontium Chron. ann. 1218.