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SECOND SIÈGE DE TOULOUSE

encore plus décidé que ses prédécesseurs à supprimer à tout prix la rébellion contre Rome. On avait recommencé à prêcher la croisade. Au début de l'an 1217, Montfort traversa le Rhône et s'avança dans les territoires laissés au jeune Raymond, à la tête d'une armée de Croisés et d'un petit contingent fourni par le roi de France.

Il fut rappelé tout à coup par la nouvelle que Toulouse s'était révoltée, que Raymond VI, à la tête d'auxiliaires espagnols, y avait été reçu avec joie, que Foix et Comminges, avec tous les nobles du pays, s'étaient réunis à Toulouse pour saluer leur chef, enfin que la comtesse de Montfort était en danger au Château Narbonnais, la citadelle en dehors de la ville, où Montfort avait laissé garnison. Abandonnant ses conquêtes, il revint sur ses pas. Au mois de septembre 1217 commença le second siège de l'héroïque cité, dont les bourgeois montrèrent leur résolution inébranlable de se soustraire au joug de l'étranger, ou plutôt le courage du désespoir, s'il faut croire que le cardinal-légat avait ordonné aux Croisés de tuer tous les habitants sans distinction d'âge ni de sexe. Comme la ville était sans défenses, hommes et femmes travaillaient jour et nuit à reconstruire les remparts. Vainement, Honorius écrivit des lettres de menaces et d'exhortations aux rois d'Aragon et de France, au jeune Raymond, au comte de Foix, aux citoyens de Toulouse, d'Avignon et de Marseille. Vainement la prédication de la croisade, renouvelée avec un zèle infatigable, amenait sans cesse aux assiégeants de nouveaux renforts. Le siège se traîna pendant neuf longs mois, entrecoupé par des assauts furieux et des sorties plus furieuses encore, avec des intervalles d'inaction aux moment où l'armée des Croisés voyait décroître ses forces. Gui, frère de Montfort, et son fils aîné Arnaud furent sérieusement blessés. Les ennuis du général étaient accrus parles taquineries du légat, qui lui reprochait son insuccès, l'accusait d'ignorance

t de mollesse. Le lendemain de la Saint-Jean (1218), Montfort, fatigué et découragé, surveillait la reconstruction de ses machines après avoir repoussé une sortie lorsqu'une pierre lancée par un mangoneau, — pièce servie, suivant la tradition toulou-

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