‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 201 sur 551 · APPELS A PHILIPPE AUGUSTE · texte numérisé non relu

APPELS A PHILIPPE AUGUSTE

tion française s'exerçait sur le pays, étaient revenus en foule aussitôt après le départ des envahisseurs ; la haine générale ^ qui pesait sur les étrangers favorisait encore leur propagande religieuse. L'Église, en vérité, était devenue une ennemie nationale et nous en# croyons volontiers Honorius lorsqu'il décrit la condition lamentable de l'orthodoxie dans le Languedoc. L'hérésie y était ouvertement pratiquée et enseignée; les évêques hérétiques prenaient place hardiment en face des prélats catholiques et il y avait à craindre que le pays tout entier ne fût bientôt gagné par la contagion.

Malgré tous ces arguments, accompagnés de l'offre d'un vingtième des revenus ecclésiastiques et d'indulgences illimitées pour une croisade, Philippe resta sourd aux propositions du pape ; et lorsque Amauri s'adressa avec la même offre à Thibaut de Champagne, le roi répondit à ce dernier, qui le consulta, en des termes qui équivalaient à un refus. S'il voulait entreprendre la chose à ses risques et périls, le roi lui souhaitait bon succès, mais il ne pouvait ni l'aider, ni l'affranchir de ses obligations de vassal, à cause de la tension de ses rapports avec l'Angleterre. Au mois de juin, ce fut au tour du jeune Raymond d'en appeler à Philippe, son seigneur et son parent, implorant sa pitié et le suppliant dans les termes les plus humbles d'intervenir, pour le réconcilier à l'Église et écarter ainsi de lui l'incapacité d'hériter à laquelle il se trouvait soumis (1).

Cette démarche doit avoir été provoquée par l'état de santé de Raymond VI qui, en effet, mourut peu de temps après, au mois d'août 1222. En 1218, Raymond avait arrêté son testament, aux termes duquel il faisait des legs pieux aux Templiers et aux Hospitaliers de Toulouse, manifestait l'intention d'entrer dans ce dernier Ordre et exprimait le désir d'être enterré avec ses moines. Le matin même de sa mort, il avait été prier deux fois dans l'église de la Daurade, mais son agonie fut courte et il avait déjà perdu l'usage de la parole lorsque l'abbé

(1) Vaissete, m, 319; Pr. 275, 276. — Raynald. Annal, ann. 1222, n° 44-47. — Guill de l'od. Laur. c. 47. — Teulet, Lay. i, 546, n° 1537.

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