‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 203 sur 551 · MORT DU ROI DE FRANGE · texte numérisé non relu

MORT DU ROI DE FRANGE

des progrès incessants de l'hérésie et de l'indifférence de Philippe Auguste, il semblait qu'on dût chercher ailleurs les bases d'une pacification. Il faut dire que l'activité de l'antipape bulgare avait singulièrement enflammé l'ardeur des Cathares ; des hérétiques venant du Languedoc allaient le trouver et revenaient avec tout le zèle de missionnaires ; son représentant, Barthélemi, évêque de Carcassonne, qui s'appelait lui-même, à l'imitation des papes romains, serviteur des serviteurs de la Foi, faisait, pour la propagation de ses croyances, 190 des efforts couronnés de succès. Des trêves furent conclues entre Amauri et Raymond ; puis le légat convoqua un concile à Sens, le 6 juillet 1223, d'où l'on espérait que la pacification devait sortir. Le concile fut transféré à Paris, parce que Philippe Auguste désirait y assister ; le roi devait même y attacher une grande importance, car on le vit regagner en hâte sa capitale, malgré la fièvre qui le minait. Il mourut sur la route à Meudon, le 14 juillet. Les espérances de Raymond se trouvèrent ainsi brisées. La mort de Philippe Auguste rendait le concile inutile et changeait en un instant la face des affaires. Bien que Philippe Auguste ait témoigné de sa sympathie pour Montfort en lui léguant 30,000 livres, il s'était prudemment abstenu de toute démarche compromettante et avait fermement rejeté les offres d' Amauri. Toutefois, sa sagacité lui permettait d'entrevoir que, lui mort, le clergé emploierait toutes ses forces à pousser son fils Louis vers une croisade et que le royaume serait abandonné aux mains d'une femme et d'un enfant. C'est sans doute pour prévenir ce péril qu'il montra tant d'insistance à rejoindre le concile, malgré le mauvais état de sa santé. Ses prévisions ne tardèrent pas à se réaliser. Le jour même de son couronnement, Louis promit au légat d'entreprendre la croisade ; Honorius le stimula de son mieux et, au mois de février 1224, Louis accepta d' Amauri la

(1) Vaissete, m, Pr. 276, 282. — Teulet, Layettes, i, 561, n° 1577. — Rayna Annal, ann. 1222, n° .48 — Matt. Paris, ann. 1223, p. 219.

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