NÉGOCIATIONS
vint auprès d'Honorius et Raymond fut encouragé à faire des offres d'obédience à Rome par l'entremise d'ambassadeurs dont les libéralités parurent produire une impression très favorable sur les officiers de la Curie. Honorius répondit par une lettre aimable, promettant d'envoyer Romano, cardinal de Sant'Angelo, en qualité de légat, pour arranger les affaires ; puis il fit savoir au roi Louis que Frédéric II faisait des offres si avantageuses en vue de la conquête de la Terre Sainte qu'il fallait tout subordonner à ce grand dessein et que la vente des indulgences ne pouvait être autorisée pour un autre objet. Le pape ajoutait que si le roi de France continuait à menacer Raymond, ce dernier ne tarderait pas à se soumettre. En même temps, des instructions étaient envoyées à Arnaud de Narbonne, lui enjoignant d'agir auprès de Raymond, de concert avec les autres prélats, pour obtenir de lui qu'il offrît des conditions acceptables.
Louis, justement indigné de cette diplomatie à double visage, protesta publiquement qu'il se lavait les mains de toute l'affaire et fit savoir au pape que la Curie romaine pouvait s'arranger à sa guise avec Raymond, qu'il ne se souciait pas des questions de théologie, mais que ses droits devaient être 192 respectés et qu'il ne permettrait pas de lever de nouveaux subsides. A un Parlement tenu à Paris, le 5 mai 1224, le légat annula les indulgences concédées contre les Albigeois et reconnut que Raymond était un bon catholique; d'autre part, Louis ht une déclaration qui montre à quel point il était irrité des procédés 'de l'Église à son égard. Toutefois, ses préparatifs militaires ne furent pas perdus : il en tira parti pour arracher à Henri III une partie considérable des possessions que l'Angleterre conservait sur le sol français (1).
L'orage paraissait conjuré. Il ne s'agissait plus que de s'entendre sur les termes de la pacification ; or, Raymond avait été trop près de la ruine pour se montrer difficile. Le 2 juin,
(1) R y mer, Fœdera, i, 271. — Vaissete, m, 339-40. Pr. 283. — Raynald. Annal ann. 1224, n° 40. — Gesta Lurlov. vin, ann. 1224. — Clivon. Turou. aun. 1224. — Gui 1 1. Nang. ann \2H. — Epist. sec. xm, t. i, n° 249 (MoiiUin. Ilist. Gernian.)