‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 206 sur 551 · RAYMOND ET AMAURI · texte numérisé non relu

RAYMOND ET AMAURI

jour de la Pentecôte, il rejoignit à Montpellier, en compagnie de ses principaux vassaux, Arnaud et les évêques ; il déclara qu'il observerait et maintiendrait, dans toute l'étendue de ses domaines, la foi catholique ; qu'il en expulserait les hérétiques désignés par l'Eglise ; qu'il confisquerait leurs biens et les châtierait corporellement; qu'il assurerait la paix et dissoudrait les bandes de mercenaires ; qu'il restituerait aux églises tous leurs droits et privilèges; qu'il payerait 20,000 marcs pour réparer les pertes faites par l'Église et pour dédommager Amauri, à la condition que ce dernier renonçât à ses prétentions et livrât tous les documents qui les attestaient. Si cela ne devait pas suffire, il était prêt à se soumettre entièrement à l'Église, réserve faite de ses devoirs d'allégeance envers le roi. Ces propositions étaient contresignées par le comte de Foix et le vicomte de Béziers. Pour affirmer sa sincérité, Raymond replaça l'ancien ennemi de son père, Théodisius, sur le siège épiscopal d'Agde, que l'ex-légat avait obtenu et d'où il avait été chassé ; il restitua aussi différentes propriétés à des églises.

Les offres de Raymond furent transmises à Rome pour ètrfi approuvées par le pape. La preinière réponse d'Honorius put faire croire qu'elles seraient agréées. Il avait été convenu qu'un concile se réunirait le 20 Août pour les ratifier. Mais dès qu'il se fût assemblé à Montpellier, Amauri adressa un appel désespéré aux évêques, les suppliant de ne pas laisser échapper les fruits de la victoire. Le roi de France, disait-il, était sur le £93 point de prendre en mains sa cause, dont l'abandon serait un scandale et une humiliation pour l'Église universelle. Malgré cet appel, les évoques acceptèrent les serments de Raymond et de ses vassaux aux conditions précédemment fixées, aver* la réserve qu'on attendrait la décision du pape en ce qui concernait l'indemnité due à Amauri et que tous les ordres ultérieurs de l'Église seraient obéis, sans préjudice de la suzeraineté du roi et de l'empereur. Raymond promit tout et donna des gages en conséquence (1).

(1) Vaiss. m, Pr. 284, 206. — Vaiss. éd. Priv. vin, 801 — Fhlut. Cnnc. Xar-

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