‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 208 sur 551 · CONCILE DE BOURGES · texte numérisé non relu

CONCILE DE BOURGES

Après plusieurs conférences avec Louis et les principaux seigneurs et évêques, le légat convoqua un concile national à Bourges au mois de novembre 1225. Raymond y comparut, demandant avec humilité l'absolution et la réconciliation ; il offrit à nouveau de se justifier, de se soumettre à toutes les réparations que pouvaient exiger les églises, de rétablir sur ses terres la sécurité et l'obéissance à Rome. Quant à l'hérésie, non seulement il s'engageait à l'extirper, mais il priait instamment le légat de visiter ses villes une à une, de s'enquérir des croyances du peuple, avec l'assurance que tous les délinquants seraient sévèrement punis et que toute ville récalcitrante serait mise à la raison. Il était prêt lui-même à rendre satisfaction pleine et entière pour toute faute qu'on pouvait lui imputer et à se soumettre à un examen portant sur l'orthodoxie de ses croyances. D'autre part, Arnaud exhiba les décrets du pape Innocent condamnant Raymond VI et attribuant ses terres à Simon de Montfort, avec l'approbation de Philippe-Auguste. Après de longues discussions au sein du concile, le légat décida que chaque archevêque délibérerait séparément avec ses suffragants et lui remettrait par écrit le résultat de la délibération, qui serait ensuite soumis au roi et au pape. Tout cela devait se passer, sous peine d'excommunication, dans le plus profond secret (1).

Un épisode de la procédure du concile de Bourges montre d'une manière frappante le caractère des relations entre Rome et les églises locales, ainsi que celui de l'institution catholique vers laquelle les hérétiques étaient invités à revenir, sous la douce menace du bûcher et du gibet. Lorsque la besogne apparente de l'assemblée eut pris fin, le légat permit aux délégués des chapitres de s'en retourner, mais il retint auprès de lui les 195 évêques. Les délégués ainsi renvoyés ne tardèrent pas à pressentir quelque fraude; après s'être consultés, ils députèrent au légat des délégués de tous les chapitres métropolitains, pour dire qu'il possédait, à leur connaissance, certaines lettres spé-

(lj Chron. Turonens. ann. 1225. — Matt. Paris ann. 1225, p. 227-9.

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