CONFIRMATION PONTIFICALE
les Frères en dispute avec les agents de l'évêque Foulques au sujet de la question des dîmes, réclamant que des églises qui ne comptaient qu'une demi-douzaine de communiants fussent considérées comme paroissiales et soumises à la perception de cette taxe. C'est seulement plus tard, lorsque le succès des Franciscains eut démontré les puissants attraits de la pauvreté, que le principe en fut adopté par les Dominicains dans le Chapitre Général de 1220. Il finit par être inscrit dans la constitution adoptée par le Chapitre de 4228, qui prohiba l'acquisition de terres ou de rentes, prescrivit aux prêcheurs de ne jamais demander d'argent et classa parmi les « offenses graves » le fait pour un Frère d'avoir conservé par devers lui une chose qu'il lui était interdit de recevoir. L'Ordre s'émancipa bien vite de ces restrictions, mais Dominique lui-même donna l'exemple d'une extrême sévérité à cet égard; lorsqu'il mourut à Bologner en 1224, ce fut dans le lit de frère Moneta, car il n'en possédait point, et dans le vêtement de Moneta, car le sien était usé et il n'en avait pas d'autre. Quand la règle fut adoptée en 1220, tous les biens qui n'étaient pas indispensables aux besoins de l'Ordre furent transférés au couvent de Prouille dont il a été question plus haut (1).
Il ne manquait plus maintenant à l'Ordre que la confirmation pontificale. Avant que Dominique n'arrivât à Rome, où il se rendait pour l'obtenir, Innocent mourut; mais son successeur, Honorius III, entra pleinement dans ses vues et la sanction du 255 Saint Siège fut accordée le 21 Décembre 1216. Revenu à Toulouse en 1217, Dominique se hâta d'envoyer ses disciples en mission. Quelques-uns allèrent en Espagne, d'autres à Paris, d'autres à Bologne; Dominique lui-même revint à Rome où, grâce à la faveur de la cour pontificale, son enthousiasme fut récompensé par une abondante moisson de disciples. Ceux qui allèrent à Paris y furent chaleureusement reçus; on leur accorda
(i) Bernard. Guidon. Tract. deOrdin. Praedic. (Martène, vi, 400, 402-3).— Ejnsd. Hist. Funda Couvent. Praedic. (1b. 446-7). — Hist. Ordin. Praedic. c. 9.— Nie. deTrivetli Chron. ann. 1220, 12*28. — Chron. Magist. Ordin. Praedic. c. 3. — Conslit. Frat. Praedic. ann. 1228, Dist. i, c 22; n, 26, 34 (Archiv. fur Literatur undKh'chengeschichte, 1886, p. 209, 222, 225).