L EGLISE ET LES MENDIANTS
Henri, en 1273, d'assister au couronnement de Rodolphe de Habsbourg, avec une splendide escorte de dix-huit cents hommes d'armes.
On conçoit facilement que ce rôle d'instructeurs confié aux Mendiants ait provoqué des froissements entre les nouveaux Ordres et la vieille organisation qu'ils travaillaient à supplanter. Cela n'était, d'ailleurs, que le moindre motif de l'antagonisme qui se déclara bientôt. Une cause bien plus grave de discorde fut la part attribuée aux Mendiants dans l'œuvre de la prédication et de la confession. Nous avons vu que le droit de prêcher avait été soigneusement réservé par les évêques et combien aussi la prédication avait été négligée jusqu'à l'entrée en scène de Saint-Dominique L'Église était à peine mieux préparée à s'acquitter des devoirs du confessionnal, que le concile de Latran avait rendu obligatoire et dont il avait conféré le privilège au clergé. Paresseux et sensuels, uniquement occupés d'accroître leurs revenus, les prêtres négligeaient les âmes de leurs paroissiens et, en même temps, s'opposaient à toute intrusion qui pût diminuer leurs bénéfices. Dans la populeuse cité de Montpellier, il n'y avait qu'une église où le sacrement de la pénitence pût être administré; en 1213, les consuls plaidèrent auprès d'Innocent III la cause des âmes abandonnées et demandèrent pour quatre ou cinq autres églises de la ville le droit de recevoir les confessions. En 1247 encore, Ypres, avec deux cent mille habitants, n'avait que quatre églises paroissiales. Si l'Église Militante voulait s'acquitter de ses devoirs, si elle voulait reconquérir le respect des peuples, il fallait absolument porter remède à de pareils maux. (1).
Au début de ses efforts, Saint-Dominique s'était prévalu du 279 droit conféré par le pape aux légats du Languedoc d'accorder des autorisations de prêcher ; ces licences étaient naturellement indépendantes du bon vouloir des évêques; mais, dans la Règle de 1228, il fut spécifié qu'aucun Frère ne pouvait prêcher dans un diocèse sans la permission préalable de l'évèque et qu'en
(l)Maitène Ampliss. Collect. i, H46-9 — Innoc PP. 111. Regst. xv, 240. — Berger, Registres d'Innocent IV, u° 2712.