PRETRES ET FRÈRES PRECHEURS
aucun cas il ne devait s'élever contre les vices du clergé séculier. Saint-François professait la vénération la plus humble pour le clergé établi ; il déclarait que s'il rencontrait à la fois un prêtre et un ange, il commencerait par baiser les mains du prêtre et qu'il dirait à l'ange : « Attendez, car ces mains que je baise manient le Verbe de la Vie et ont quelque chose de surhumain.» Il était également prévu, dans sa Règle, qu'aucun Frère ne devait prêcher dans un diocèse contrairement à la volonté de l'évêque. Comme ces derniers n'étaient guère disposés à faire bon accueil aux intrus, le pape Honorius III condescendit à les prier de permettre aux Dominicains de prêcher, tout en prenant des mesures pour assurer le recrutement des préd cateurs dans le clergé séculier en encourageant les études de théologie. L'intrusion des Mendiants dans les fonctions des prêcheurs de paroisse commença par le privilège accordé aux moines de célébrer partout la messe sur des autels portatifs. Cette décision rencontra quelque résistance, mais fut maintenue ; et quand Grégoire IX, en 1227, marqua son avènement en autorisant les deux Ordres à prêcher, à confesser et à donner l'absolution en tous lieux, les Frères errants, malgré lesprr hibitions édictées par leurs Règles, envahirent peu à peu toutes les paroisses et s'acquittèrent de tous les devoirs de la cure des âmes, au grand déplaisir du clergé local, qui avait toujours défendu avec jalousie les droits d'où il lirait la meilleure part de son influence et de ses rentes. Des plaintes s'élevèrent, bruyantes et réitérées. Parfois les papes consentirent à les écouter, mais le plus souvent ils y répondirent par la confirmation catégorique des innovations. (1).
(1) Constit. Frat. Praedic. ann. 1228, Dist. u. cap. 32, 33 {Arch. fur. Lilt. und. K>rchentfe&ctii<*hie. 1886, p. 224.) — Innoc. PP. III. Reg st. ix, 18^.— S. Francis. Orac. xxu. — Ejusd. Iiegol. > <? '•. c. 9. — Stephan. de BorLone (D'Argentré, Collect. juclic. de nov. error. I, i, 90-1 ) — Bern. Guidon. (Martène, Ampl. Coll. vi, 530.) — Potthast, KeijeM. n°" 6508, 6542, 6654, 66 0, 7325, 7467, 7468, 7480, 7890, 10316, 10332, 10386, 10329, 10630, 10657, 10990, 10999, 11006, 11299, 15355, 10926, P.933. — Martène, Thesa*r. i, 954. — Conc. JNarbonn. ann. 1227, c. 19. — fealuze, Concil. Gall Narb.m. app. p. 156-9.
Il n'y eut pas beaucoup de prélats comme Robert Grosseteste de Lincoln, qui écrivit à Jordan et ii Ellrs,les généraux des deux Ordres, afin qu'on lui envoyât des Frères, p;»rce que, dis it-il, son diocèse était trop grand et qu'il avait besoin d'auxiliaires pour l'aider dans la pré ;cation et dans la confession. — Fasc.rer. expetend et fu,wnd. n. 334-5 féi. • e 1 90.)