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VICTOIRE DES MENDIANTS

furent condamnés avec égards par une commission spéciale réunie à Anagni en juillet 1255; d'autre part, la bulle Romanus pontifex, du 5 octobre 1256, déclara que le livre de Guil. aume de saint Amour était mensonger, scandaleux, trompem. Iméchant et exécrable. Ordre était donné de le brûler devant la Curie et devant l'Université; tout exemplaire devait être remis dans les huit jours pour être détruit et toute personne qui oserait en défendre la doctrine était qualifiée de rebelle. Les envoyés de saint Louis et de l'Université furent obligés de souscrire aune déclaration acceptant cette sentence et de reconnaître le droit des Mendiants à prêcher, à confesser et à vivre d'aumônes sans travailler. Guillaume seul refusa. En outre, Alexandre enjoignit à tous les professeurs et prédicateurs de s'abstenir d'insulter les Mendiants et de rétracter les propos injurieux qu'ils avaient tenus contre eux, sous peine de perdre leurs bénéfices. Ce dernier ordre ne fut suivi que très imparfaitement (1).

La victoire des Mendiants était complète. L'Université se soumit en maugréant au pouvoir irrésistible de la papauté et Guillaume de Saint Amour resta seul inébranlable, refusant de rien reconnaître, de rien concéder. Au moment où il allait retourner en France, au mois d'août 1257, le pape Alexandre lui fit défense de s'y rendre et lui interdit à tout jamais d'enseigner. La terreur qu'il inspirait était telle que le pape écrivit exprès à saint Louis, priant le roi de fermer au théologien rebelle l'accès de son royaume. Guillaume n'en continua pas moins à entretenir une correspondance suivie avec ses anciens collègues et à fomenter dans l'Université de Paris un perpétuel état d'inquiétude. Vainement Alexandre défendit d'avoir commerce avec lui; on passait outre. Les Mendiants qui enseignaient à l'Université étaient l'objet de quolibets et d'épigrammes qui

(1) Ripoll î. 289, 2^1, 206, 298, 301, 306, 308. 311, 312, 320, 322, 324, 333, 334, 336, 342, 345, 350. — Matt. Paris ann. 1255, p. 611, 616. — Wadding. Annal. ann. 1255, n° 4; ann. 1256, n° 20-37. — Fasciculus rer. expetend. n, 18 sq. (éd. 1690.) — Mag. Bull. Roman, i. 112. — D'Argentré, Coll. judic. de nov. error. m, 170 rq. — Guill. Nangiac. Gesta S. Ludov ann. 1 ? 55 . — Grandes Chroniquos, v„ 373-4. — Bern. Guidon. Chron. (Bouquet, xxi, 698.)

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