‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 299 sur 551 · JEAN GERSON · texte numérisé non relu

JEAN GERSON

La querelle paraissait interminable. En 1409, les Mendiants se plaignirent que le clergé les traitât de voleurs et de loups et qu'il insistât pour que toutes les confessions qu'on leur faisait fussent réitérées aux prêtres des paroisses, renouvelant ainsi l'erreur de Jean de Poilly condamnée par Jean XXII. Alexandre V, Franciscain lui-même, répondit à leur requête par la bulle Regnans in excelsis, qui menaçait des peines de l'hérésie tous ceux qui soutiendraient de pareilles doctrines ou qui prétendraient que le consentement du prêtre était nécessaire avant que le paroissien put se confesser aux Frères. Pendant le grand schisme, la papauté cessa d'être un objet de terreur. L'Université de Paris reprit hardiment la querelle et, à l'instigation de Jean Gerson, refusa de recevoir cette bulle, obligea les Dominicains et les Carmes à la renier publique- 293 ment et expulsa les Franciscains et les Augustins, qui refusaient d'en faire autant. Gerson n'hésita pas à prêcher publiquement contre la bulle, dans un sermon où il énuméra les quatre persécuteurs de l'Église, à savoir les tyrans, les hérétiques, les Mendiants et l'Antéchrist. Ce rapprochement peu flatteur n'était pas de nature à apaiser les esprits ; toutefois, la controverse sommeilla quelque peu au milieu des grandes questions agitées par les conciles de Constance et de Baie. Cette dernière assemblée se prononça même contre les Mendiants et condamna la croyance populaire, très répandue, d'après laquelle toute per-

nol, 1851, T. h, p. 06.— Ripoll i, 341, 344. — Ptol. Lucens. Hist . Eccles. lib. xxin, c. 21, 24-5. — Henr. Steronis Annal, ann. 1287, 1299. — Annal. Dominican. Colmariens. ann. 1277. — Waddingi Annal, ann. 1 2**1 , n° 97; ann. 1303, n° 32.— Concil. Valent, ann. 1255. — Concil. Ravennat. ann. 1259. — Martène, Ampliss. Coll. ii. 1201. — Concil. Remens. ann. 1287. — Salimbene, Chmn. p. 371, 378-9.

— Guill. Nangiac ann. 1298; ejusd. Continuât, ann. 1351. — Révélât. S. Brigittse lib. vi, c. 6 ' : c!'. lib. i, c. 41. — c. 2 Extravagant. Commun, ni, vi. — c. 1. Ejusd. v, 7. — Ripoll h. 92-3. — P. de Herenthals Vit. Joann. xxn. ann. 1233. — Martène Thés. i. 1308 — c. 2 Extravagant Commun, v. ni. — Alph. de Spina Fortalicium Fidei, fol. 61 a (éd. 1494). — Hecker, Epidémies of the Middle Ages (trad. Babington), p. 30. — Fascic. Rer. Expet. et Fugiend. n, 466 (éd. de 1490).

— Theiner, Monvm. Hibern. et Scotor. n° 634, p. 313. — Cosentino, Archiv. Stor. Siciliano, 1886, p. 336. — Concil. Salisburg. ann. 1368, c. 8. — Gudeni Cad. Diplom. in, 603. — D'Argentré, Coll. Jndic. de Nov. Error. i, n, 178.

Pendant la Peste Noire, sur 140 Dominicains, à Montpellier, sept seulement survécurent; à Marseille, de 160, pas un n'échappa. La mortalité, dans l'Ordre Franciscain, fut estimée à 124.434 personnes, ce qui est d'ailleurs une manifeste exagération. — Hoffmann, Gesch. der Inquisition, n, 374-5.

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