MISSIONS DOMINICAINES
Soudan et se déclara prêt à affronter l'épreuve du feu pour prouver la vérité de ses croyances. Le Soudan lui offrit de magnifiques présents, qu'il dédaigna, et lui permit de se retirer. Ses disciples suivirent son exemple. Ni l'éloignement, ni le danger ne les détournèrent jamais de leur lâche : gagner de nouvelles âmes au christianisme. Il y avait, à cet égard, une noble émulation entre Franciscains et Dominicains, car saint Dominique aussi avait conçu le projet d'un vaste système de missions. Dès 4225, nous trouvons des missionnaires des deux Ordres travaillant au Maroc. En 1223, des Franciscains furent délégués pour convertir Miramolin, le Sultan de Damas, le Caliphe et les peuples de l'Asie en général. En 1237, les Jacobites d'Orient furent ramenés à l'unité catholique par le zèle des Dominicains, qui travaillaient également parmi les Nestoriens, le Géorgiens, les Grecs et d'autres schismatiques du Levant. Les mêmes indulgences que pour une Croisade étaient offertes à ceux qui s'associaient à ces périlleuses campagnes, où les privations et le climat n'étaient pas les seuls ennemis à redouter. Quatre-vingt-dix Dominicains subirent le martyre parmi les Gumains de la Hongrie orientale, à l'époque où les hordes de Gengis Khan se répandaient sur ce pays. Après la retraite des Tartares, les Dominicains revinrent à la charge et convertirent les Gumains en masse, non sans travailler en même temps parmi les Cathares de la Bosnie et de la Dalmatie, où plusieurs d'entre eux furent tués et où deux de leurs couvents furent brûlés par les hérétiques.
Une bulle d'Alexandre IV, en 1258, nous donne une idée de l'extension des missions franciscaines à cette époque : elle est 298 adressée aux Frères dans les pays des Sarrasins, Païens, Grecs, Bulgares, Gumains, Éthiopiens, Syriens, Ibériens, Alains, Cathares, Goths, Zichores, Russes, Jacobites, Nubiens, Nestoriens. Géorgiens, Arméniens, Indiens, Moscovites, Tartares, Hongrois, ainsi qu'aux missionnaires auprès des Chrétiens captifs des Turcs. Quelque singulière que puisse paraître la géographie de cette énumération, il en reste l'impression que l'énergie et l'esprit de sacrifice des Frères se prodiguaient sur un très vaste