‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 310 sur 551 · INFLUENCE SALUTAIRE DES ORDRES · texte numérisé non relu

INFLUENCE SALUTAIRE DES ORDRES

a joué dans le développement de l'Église au moyen-âge (1).

Dans le monde si affairé du XIIIe siècle, il n'y avait pas, 304 comme nous venons de le voir, de puissance plus active, tant pour le bien que pour le mal, que celle des Ordres Mendiants. Somme toute, c'est peut-être le bien qui l'emportait, car ces moines ont certainement contribué à retarder une révolution pour laquelle l'Europe n'était pas encore mûre. Bien que l'abnégation dont ils firent preuve à leurs débuts fût une qualité trop rare et trop fragile pour rester longtemps intacte, et bien qu'ils soient rapidement tombés au niveau de la société qui les entourait, on peut dire que leur travail et leurs efforts n'ont pas été complètement vains. Ils avaient rappelé à l'esprit des hommes quelques vérités oubliées de l'Évangile et leur avaient enseigné à contempler de plus haut leurs devoirs envers leurs semblables. La tradition légendaire de l'un et de l'autre Ordre contient un récit qui montre à quel point ils prisaient et glorifiaient leurs propres services. Pendant que saint Dominique et saint François, nous dit-on, attendaient l'approbation d'Innocent III, un saint homme eut une vision où il aperçut le Christ brandissant trois javelots avec lesquels il voulait détruire le monde. La Sainte Vierge lui demandant pourquoi, le Christ répondit : «Le monde est plein d'orgueil, d'avarice et de luxure; j'ai toléré cela trop longtemps et je veux l'anéantir avec ces traits ». La Vierge se mit à genoux et intercéda pour les hommes; mais ses prières

(i) Mss. Bibl. Nat. Coll. Doat, xxi, 143; xxxn, 15. — Matt. Paris Hist. Angl ann. 1243 (p. 414). — Guill. Pod. Laur. c. 43. — Raynald. ann. Ii38, n° 51. — Harduin. Concil. vu, 1319. — Paramo De orig. Inq. p. 244. — Wadding Annal. ann. 1238, n° 6, 7 ; ann. 1266, n° 8; ann. 1277, n° 10; ann. 1201, n° 14. — Potthast, n° 16132. — Sixti PP. IV. Bull. Sacn Prsedicatorum, 26 juill. 1479. — Martène Thés, n 346, 353, 359, 451. — Ripoll. n, 82, 164, 617, 695.

Les troubles de Marseille montrent le favoritisme dont jouirent toujours les Mendiants. Deux clercs, que les Dominicains avaient .induits à porter un faux témoignage contre l'Inquisiteur, furent punis de prison perpétuelle, de dégradation et déclarés incapables d'occuper des bénéfices ; l'évcque qui les avait entendus 'ut suspendu de ses 'onctions et de sa juridiction ; mais les Frères, qui avaient suborné le parjure et causé tout le mal, furent tenus quittes au prix d'excuses humiliantes et envoyés dans une autre province. (Martène, ubi sup.)

On s'est demandé si Fri Filippo Bonaccorso était un Franciscain ou un Domini cain. Wadding (l. c.) a imprimé une bulle de 1277, ou il est qualifié de Franciscain; mais une autre bulle de la Collection Doat (t. xxxu, fol. 155) fait de lui m* Dominicain.

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