DIFFICULTÉS PRATIQUES
dans la lutte contre les hérétiques fût de nature à servir ses desseins (1).
Vers la même époque, Grégoire écrivait aux évoques de la province de Narbonne en les menaçant de son déplaisir au cas où ils n'infligeraient pas aux hérétiques les châtiments mérités; mais, dans cette lettre, il n'y a aucune allusion à l'Inquisition. Le 1er octobre 1234, Pierre Amiel, archevêque de Narbonne, fit jurer aux fidèles de dénoncer tous les hérétiques, soit à luimême, soit à ses subordonnés, comme s'il ignorait encore l'existence d'inquisiteurs spéciaux; même lorsque ces derniers eurent reçu mandat pour agir, leurs devoirs et leurs fonctions, leurs pouvoirs et leurs responsabilités restèrent tout à fait indéfinis et flottants. Comme on voyait simplement en eux les auxiliaires des évêques dans l'exercice de la vieille juridiction épiscopale contre l'hérésie, c'était naturellement aux évêques que l'on soumettait toutes les affaires de cet ordre, à mesure qu'elles étaient soulevées. Il est vrai que beaucoup de questions 331 concernant le traitement des hérétiques avaient été résolues, non seulement par les statuts romains de Grégoire en 1231, mais par le concile de Toulouse en 1229 et ceux de Béziers et d'Arles en 1234, qui s'étaient exclusivement occupés de stimuler et d'organiser l'Inquisition épiscopale ; néanmoins, de nouvelles difficultés de détail se présentaient continuellement dans la pratique et l'on éprouvait le besoin urgent de quelque code pour rendre la persécution efficace. La suspension de l'Inquisition pendant plusieurs années, à la requête du comte Raymond, retarda cette codification; mais quand le Saint-Office reprit ses fonctions en 1241, la nécessité devint pressante et l'on fut généralement d'avis que le code attendu devait émaner de l'autorité des évêques. Des jugements rendus en 1241 par Guillem
(1) Potfhast n° 92G3 ; cf. n°s 9316, 0388. — Guill. de Pod. Laur. c. 43. — Coll. Doat, xxi, 143, 153. — Ripoll. i. 66.
Guillem Arnaud se qualifia généralement lui-même comme agissant au nom du légat, quelquefois aussi comme délégué dans ses fonctions parle provincial dominicain. Dans plusieurs sentences concernant les seigneurs de Niort, en février et mars 1236, il agit de concert avec l'archidiacre de Carcassonne, l'un et l'autre sous l'autorité légatine. Evidemment, à cette époque, il n'y avait pas encore d'organisation fixe. (Coll. Doat, xxi 1G0, 163, 165, 106).