CONCILE DE NARBONNE
Arnaud attestent non seulement que l'évêque Raymond de Toulouse figurait comme assesseur, mais qu'on avait sollicité en particulier l'avis de l'archevêque de Narbonne.
Pour fixer les principes généraux dont devait s'inspirer l'Inquisition, on convoqua à Narbonne, en 1243 ou 1244, un grand concile des trois provinces de Narbonne, d'Arles et d'Aix; la longue série de canons qui furent adoptés à cette occasion devint la règle de l'action inquisitoriale. Ils furent adressés à « Nos fils chéris et fidèles en Jésus-Christ, les Frères Prêcheurs et Inquisiteurs ». Les évêques s'expriment discrètement en ces termes :
« Nous vous écrivons ces choses, non que nous désirions vous lier par nos avis, car il ne serait pas convenable de limiter la liberté accordée à votre discrétion par des formes ou des règles autres que celles du Saint-Siège, mais nous désirons venir en aide à votre dévouement suivant les instructions que nous recevons du Saint-Siège, attendu que vous, qui supportez nos fardeaux, devez être secondés charitablement de notre assistance et de nos avis ». Nonobstant ces formules onctueuses, l'allure générale du document est tout à fait impérative, tant dans la définition de la juridiction que dans les instructions touchant le traitement des hérétiques. C'est une chose bien significative que, tout en abandonnant à d'autres la surveillance de leurs troupeaux, ces bons bergers se soient jalousement réservé les profits qu'on pouvait attendre des persécutions. Ils disent, en effet, aux nouveaux inquisiteurs : « Vous devez vous abstenir de tirer parti des pénitences pécuniaires et des amendes, tant pour l'honneur de votre Ordre que parce que vous serez absorbés par vos autres occupations ». Sauvegardant ainsi avec soin leurs intérêts financiers, les évêques renonçaient à une chose autrement importante, le droit de juger et de faire exécuter les sentences. Les jugements de cette époque sont rendus au nom des inquisiteurs, bien que, si l'évêque ou un 332 autre personnage notable y prenait part, comme cela arrivait fréquemment, on les mentionnât à titre d'assesseurs (1).
(I Vaissete, m. Pr. 364, 370-1. - Concil. Tolosan ann. 1229. - Conc'.l. Biter-