‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 358 sur 551 · RÉSISTANCE DE L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DE L'ANGLETERRE

Î52 l'hérésie pour être exposés à la contagion, au temps où la suprématie pontificale s'affirmait ainsi par les inquisiteurs des Ordres Mendiants. Ni dans les Iles Britanniques, ni au Danemarck, ni en Scandinavie, les édits de Frédéric II ne furent appliqués. Lorsque, en 4277, Robert Kilwarbv, archevêque de Canterbury, et les maîtres d'Oxford dénoncèrent certaines erreurs d'origine averrhoïste; quand, en 4286, l'archevêque Peckham condamna l'hérésie de Richard Crapewell et quand, en 4368, l'archevêque Langham dénonça comme hérétiques trente articles de spéculations scolastiques, il n'existait pas de lois pour punir ces erreurs, bien que les juristes eussent essayé d'introduire la peine du bûcher et qu'elle eût même été appliquée par un concile d'Oxford, en 4222, à un clerc qui s'était converti au judaïsme. Nous verrons plus loin que dans l'affaire des Templiers l'intervention de l'Inquisition pontificale fut nécessaire pour obtenir une condamnation; mais, même alors, elle sembla si opposée au caractère des institutions anglaises qu'elle ne put s'acclimater et dépérit bientôt après les événements qui en avaient motivé l'introduction. Quand Wicklifî parut et fut suivi par les Lollards, l'idée qu'on se faisait en Angleterre des rapports de l'Église et de l'État était déjà telle que personne ne songea à demander à Rome un tribunal spécial pour combattre ces périls nouveaux. Le statut du 25 mai 4382 autorise le roi à faire arrêter par ses shériffs les prédicateurs ambulants de Wickliff, ainsi que les fauteurs et instigateurs de l'hérésie, et à les maintenir en prison jusqu'à ce qu'ils se soient justifiés « selonc reson et la ley de seinte esglise »; au mois de juillet suivant, des lettres royales prescrivirent aux autorités d'Oxford de procéder à une enquête touchent les tendances hérétiques dans toute l'Université. La faiblesse de Richard II permit aux Lollards de devenir un parti politique et religieux d'une redoutable puissance ; mais la révolution qui mit Henri IV sur le trône affaiblit leur situation. Le concours de l'Église était une nécessité pour la nouvelle dynastie, qui ne perdit pas de temps à mériter sa reconnaissance. En 4400, un ordre royal, confirmé par le Parlement,

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