‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 357 sur 551 · PARTIALITE DU SAINT-SIEGE · texte numérisé non relu

PARTIALITE DU SAINT-SIEGE

juridictions rivales se jalousaient et combien l'entente était peu cordiale entre l'ancienne et la nouvelle organisation (1).

Aux empiétements des inquisiteurs, l'épiscopat se contentait 351 généralement de répondre par de menues chicanes qui, portées devant le Saint-Siège, étaient toujours jugées dans le sens le plus favorable aux moines. En 1330, l'inquisiteur Henri de Chamay se plaint à Jean XXII que l'évêque de Maguelonne lui suscite des difficultés à Montpellier, en alléguant certains privilèges pontificaux qui lui auraient été conférés; à quoi le pape répond en lui enjoignant de vaquer à sa fonction sans s'arrêter aux objections de l'évêque. En 1141, l'archevêque de JNarbonne et tous ses suffragants s'adressèrent à Eugène IV, se plaignant des prétentions exorbitantes de l'Inquisition et le priant de surseoir à toute décision jusqu'à ce qu'il eût reçu des détails. Le pape n'attendit point, mais répondit que l'inquisiteur les avait déjà accusés de le gêner dans l'exercice de ses fonctions, qu'il n'y avait pas d'affaire plus importante pour l'Église que la destruction de l'hérésie et que le plus sûr moyen de mériter sa faveur était de seconder l'Inquisition. Cette institution avait été créée pour décharger les évêques d'une partie de leur fardeau et le pape ne verrait pas sans déplaisir qu'on se permît d'y porter atteinte. Dans l'espèce, et en vue de rétablir la concorde, l'inquisiteur retirerait sa plainte, mais il était entendu que toutes les actions intentées par les évêques seraient regardées comme nulles. — Évidemment, dans toute querelle de ce genre, l'épiscopat devait compter avec trop forte partie. Au début du Grand Schisme, les inquisiteurs furent sommés de prêter serment, dans la forme féodale, au pape dont ils tenaient leur mandat et à ses successeurs — preuve évidente que la papauté considérait l'Inquisition comme un instrument { au service de ses ambitions et de ses desseins personnels (2).

Les peuples du Nord étaient trop éloignés du centre de

(1) Coûcil. Turonens. ann. 1239, c. i. — C. Biterrens. ann. 1246, c. 1. — C. Albiens. ann. 1254, c. 1, 21. — C. Insulan. ann. 1251, c. 2. — Tract, de Paup. de Lugduno (Martère fhes. V. 1793).

(2) Arch. de 1 Inq. de Carcassonne (D at, XXXV, 85, 184). — Ripoll II, 297, 311 ; III. 135. . '•

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