SUPÉRIORITÉ DE L'INQUISITION PONTIFICALE
Cependant l'Inquisition pontificale était un instrument infiniment plus efficace en vue de la grande tâche qu'on se proposait. Quelque zélé que pût être un fonctionnaire épiseopal, ses efforts étaient nécessairement isolés, temporaires et intermittents. En revanche, l'Inquisition pontificale constituait, à travers l'Europe continentale, un vaste réseau de tribunaux où » siégeaient des hommes qui n'avaient pas d'autres occupations. Non seulement leur action était continue, comme celle des lois de la nature, mais ils se prêtaient une assistance incessante; ces deux circonstances enlevaient aux hérétiques l'espoir de gagner du temps et celui de se mettre à l'abri en passant d'un pays à 365 l'autre. Avec ses registres admirablement tenus à jour, l'Inquisition organisa une véritable police internationale, à une époque où les communications de peuple à peuple étaient encore singulièrement défectueuses. L'Inquisition avait le bras long, la mémoire infaillible ; et nous concevons sans peine la terreur mystérieuse inspirée tant par le secret de ses opérations que par sa vigilance presque surnaturelle. Si elle voulait procéder publiquement, elle convoquait tous les fidèles et leur enjoignait de saisir quelque hérésiarque en leur promettant la vie éternelle et des récompenses temporelles appropriées ; tout prêtre d'une paroisse où l'inculpé pouvait se dissimuler était tenu de faire retentir l'appel aux oreilles de tous les habitants. Si l'on préférait une information secrète, il y avait des espions et d'autres subalternes préparés à cette besogne. L'histoire de tOute famille hérétique, pendant des générations, pouvait être exhumée des archives des différents tribunaux. Une seule capture heureuse, suivie d'une confession arrachée par la torture, pouvait mettre les limiers sur la trace de centaines de gens qui se croyaient jusque-là en sûreté ; et chaque nouvelle victime ouvrait comme un nouveau cycle de dénonciations. L'hérétique vivait sur un volcan qui, atout moment, pouva t faire éruption et l'engloutir. Pendant la terrible persécution dirigée contre les Franciscains Spirituels en 1317 et 1318, nombre
Gretser (Mag. Bib. Patrum XIII. 341), qui a été réd gé pour une Inquisition épiscopale allemande.