CHAPITRE VIII
ORGANISATION DE L'iNQUISITION
369 Nous avons vu que l'Église avait reconnu l'impossibilité d'arrêter la diffusion de l'hérésie par la persuasion. Saint- Bernard, Foulques de Neuilly, Duran de Huesca, Saint-Dominique, Saint-François avaient successivement prodigué l'éloquence la plus chaleureuse et donné l'exemple de la plus sublime abnégation, dans l'espoir de convaincre et de ramener les égarés. Ces efforts ayant échoué, F Église eut recours à la force et en usa sans ménagements.
Le premier résultat de sa nouvelle politique fut de contraindre l'hérésie à se dissimuler. Alors, pour recueillir les fruits de sa victoire, il parut nécessaire à l'Église d'organiser une persécution continue, destinée à démasquer et à frapper l'erreur qui se cachait. C'est à cela que s'employèrent les Ordres Mendiants, institués à l'origine pour convaincre par la parole et par l'exemple, mais devenus bientôt les agents d'une impitoyable répression.
L'organisation de l'Inquisition était aussi simple qu'efficace. Elle ne cherchait pas à étonner les esprits par sa magnificence, mais à les paralyser par la terreur. Elle laissait aux prélats séculiers les riches vêtements et les splendeurs imposantes du culte, les processions pittoresques et les longs alignements de serviteurs. L'inquisiteur portait le simple costume de son Ordre. Quand il apparaissait dans une ville, il était tantôt seul, tantôt accompagné d'un petit nombre de familiers en armes, qui constituaient sa garde personnelle et exécutaient ses instructions. La scène principale de son activité était l'intérieur du Saint-Office, d'où il lançait ses ordres et décidait du sort de