‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 375 sur 551 · ABSENCE DE FASTE · texte numérisé non relu

ABSENCE DE FASTE

populations entières, enveloppé d'un silence et d'un mystère mille fois plus imposants que la magnificence extérieure des évêques.

Tout, dans l'Inquisition, visait au travail utile, non à l'apparence. C'était un édifice élevé par des hommes sérieux, résolus ^ entièrement dominés par une idée, qui savaient ce qu'ils voulaient et rejetaient loin d'eux, avec dédain, tout ce qui pouvait 370 embarrasser leur action.

Au début, comme nous l'avons vu, il n'y avait, en fait d'inquisiteurs, que des moines choisis un à un pour poursuivre les hérétiques et établir leur culpabilité. Les districts où ils opéraient avaient naturellement les mêmes limites que les provinces des Ordres Mendiants, qui comprenaient chacune un grand nombre d'évêchés et dont les provinciaux désignaient les inquisiteurs. Bien que la ville principale de chaque province, avec sa maison de l'Ordre et ses prisons, vint bientôt à être regardée comme le siège de l'Inquisition, l'inquisiteur avait le devoir de voyager sans cesse, de rassembler le peuple en divers lieux, comme le faisaient autrefois les évêques dans leurs tournées pastorales, en promettant, par surcroit, une indulgence de vingt à quarante jours à tous ceux qui se rendaient à leurs appels. Il est vrai qu'à l'origine les inquisiteurs de Toulouse s'établirent dans cette ville et citèrent à leur tribunal ceux qu'ils désiraient interroger; mais ce système donna lieu à de telles plaintes qu'en 1237 le légat Jean de Vienne ordonna aux inquisiteurs de se rendre eux-mêmes dans les localités où ils avaient une enquête à poursuivre. En conséquence, nous les voyons aller à Gastelnaudary, où ils furent mal reçus par le peuple, parce qu'on s'était entendu d'avance pour ne dénoncer personne; ils se transportèrent alors àPuylaurens, où, arrivant à l'improviste, ils purent faire une ample moisson de témoignages. Les meurtres commis à Avignon, en 1242, montrèrent que ces enquêtes ambulantes n'étaient pas sans péril ; elles n'en continuèrent pas moins à être prescrites par le cardinal d'Albano vers 1234 et par le concile de Béziers en 1246. Bien qu'Innocent IV, en 1247, ait autorisé les inquisiteurs, en cas de

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