‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 39 sur 551 · SERVICE MILITAIRE DES PRÉLATS · texte numérisé non relu

SERVICE MILITAIRE DES PRÉLATS

11 En 4224, les évêques de Coutances, d'Avranches et de Lisieux se retirèrent de l'armée de Louis VIII à Tours, après avoir demandé que le roi établit, par une enquête juridique, si les évêques de Normandie étaient tenus de servir personnellement dans les armées royales ; s'il en était ainsi, ils s'engagaient à revenir et à payer une amende pour leur désertion. En 1225, l'évêque d'Auxerre obtint l'exemption du service militaire pour un an seulement, en alléguant sa mauvaise santé et en payant une indemnité de six cents livres. En 1272 nous voyons des évêques servant sous Philippe le Hardi et,en 1303 et 1304, Philippe le Bel n'eut aucun scrupule à convoquer les évêques et le clergé pour sa campagne de Flandres.

Quand il s'agissait de leurs propres intérêts, les évêques se faisaient moins prier pour tirer l'épée. Geroch de Reichersperg s'élève violemment contre les prélats belliqueux qui suscitent des guerres injustes, attaquent des villes pacifiques et se délectent à des massacres, n'accordant pas de quartier, ne faisant pas de prisonniers, n'épargnant ni clercs ni laïques et dépensant les revenus de l'Église à l'entretien non des pauvres, mais des soldats.

Un prélat de cette espèce était Lupold, évêque de Worms. Il poussa si loin le mépris de la vie humaine que son frère lui tint ce discours : « Monseigneur l'évêque, nous autres laïques sommes fort scandalisés par votre exemple. Avant de devenir évêque, vous craigniez un peu Dieu, mais maintenant vous ne le craignez plus du tout. » A quoi l'évêque Lupold répondit : « Quand nous serons tous deux en enfer, mon frère, nous changerons de place si vous le désirez. » Pendant les guerres entre les empereurs Philippe et Otton IV, Lupold conduisit ses troupes au secours du premier ; et lorsque ses soldats hésitaient à piller des églises, il leur disait que c'était bien assez de laisser les ossements des morts en repos.

On connaît l'histoire de Richard d'Angleterre et de Philippe de Dreux, le belliqueux évêque de Beauvais qui avait montré autant d'habileté que de cruauté à la guerre et qui, fait prisonnier par le comte Jean, se plaignait à Célestin III que sa captivité

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