‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 394 sur 551 · AUTOS DE FÉ · texte numérisé non relu

AUTOS DE FÉ

siteur changea cette peine en celle du murus strictus, qui comportait l'emprisonnement avec chaînes aux pieds. C'était, d'ailleurs, une question controversée de savoir si l'inquisiteur devait se conformer absolument aux décisions prises; bien qu'Eymerich conclue par l'affirmative, Bernardo diComo déclare positivement qu'il n'en est rien (1).

La nécessité légale de ces consultations avec évoques fait bien comprendre l'origine du Sermo generalis ou Auto de fé. Il était évidemment impossible de réunir tous les juges pour chaque cas individuel; on laissait les cas s'accumuler et l'on organisait, de temps en temps, des solennités émouvantes propres à frapper de terreur les hérétiques et à rassurer les fidèles. Dans l'état rudimentaire de l'Inquisition à Florence, en 1245, alors que l'inquisiteur Ruggieri Calcagni et l'évêque Ardingho coopéraient avec zèle et qu'on n'avait pas recours à des réunions d'experts, nous voyons que des hérétiques sont jugés et exécutés journellement, tantôt seuls, tantôt par groupes de deux ou de trois; mais on avait déjà imaginé de réunir le peuple dans la cathédrale et de lui lire la sentence, en l'accompagnant de commentaires appropriés. A Toulouse, le fragment du registre des sentences de Bernard de Caux et de Jean de Saint-Pierre, allant de mars 1246 a juin 1248, témoigne de la môme absence de formes. Les autos ou sermones ont parfois lieu à peu de jours d'intervalle — il y en eut cinq en mai 1246

— et souvent il ne s'y agit que d'un ou de deux hérétiques, ce 392 qui exclut la participation de l'évêque, d'autant plus qu'il

n'est jamais mentionné dans l'arrêt. Toutefois, on constate toujours la présence de quelques magistrats locaux, civils et ecclésiastiques, et la cérémonie s'accomplit d'ordinaire dans le cloître de l'église Saint-Sernin, bien qu'on indique quelquefois d'autres localités, par exemple l'Hôtel de Ville (à deux reprises),

— ce qui prouve que l'office divin ne faisait pas encore partie de la solennité (2).

(1) Coll.Doat, XXVII. 118, 131, 133. — Eymerici Direct. Inq. p. 630. — Bernard Comens. Lucerna Inquisitor. s. v. Advocatns.

(2) Lami, Antichità Tcfscane, p. 557-9. —Coll. Doat,XXXI, 139. — Mss.Bib. Nat fonds latin, n° 999:2. — Alex. PP. IV. Bull. Prx cunctis, § 15, 9nov. 1256.

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