‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 46 sur 551 · TAXES LEVÉES SUR LES FIDÈLES · texte numérisé non relu

TAXES LEVÉES SUR LES FIDÈLES

pape, qui ne se contentaient pas de se faire loger et entretenir,, comme ils en avaient le droit, mais exigeaient de l'argent. Le pape accorda gracieusement aux Templiers l'exemption de cette charge, excepté dans le cas ou le légat serait un cardinal.

C'était bien pis quand le pape venait lui-même. Clément V, 17 après avoir été consacré à Lyon, voyagea de cette ville à Bordeaux ; en route, lui et sa suite pillèrent si effrontément les églises qu'après son départ de Bourges l'archevêque Gilles, complètement ruiné, dut se présenter tous les jours à ses chanoines pour quémander une part des subsistances qui leur étaient allouées. La résidence du pape dans le riche prieuré de Grammont appauvrit à tel point la maison que le prieur, désespérant de pouvoir rétablir ses affaires, donna sa démission et que son successeur fut obligé de lever une lourde taxe sur toutes les maisons de l'Ordre.

L'Angleterre, après l'ignominieuse soumission du roi Jean, fut particulièrement affligée par les extorsions pontificales. De riches bénéfices étaient attribués à des étrangers, qui ne songeaient pas à y résider, au point que les sommes annuelles, ainsi tirées de la grande île, étaient évaluées à 70.000 marcs, trois fois le revenu total de la couronne !

Toute protestation, toute résistance était étouffée par des excommunications. Au concile général de Lyon, tenu en 1245, une adresse fut présentée au nom de l'Église anglaise, où ces abus étaient dénoncés en termes plus énergiques que respectueux. Cela ne servit de rien. Dix ans plus tard, le légat du pape, Rustand, demanda, au nom d'Alexandre IV, un énorme subside; la part de l'abbaye de St. Albans atteignait six cents marcs. Alors Fulk, évêque de Londres, déclara qu'il se ferait décapiter, et Walter de Worcester qu'il se ferait pendre, plutôt que de se soumettre à de pareilles exigences ; mais leur résistance fut brisée. On mit en avant de prétendues dettes contractées auprès de banques italiennes, en vue d'obtenir les fonds nécessaires à la conduite de certaines affaires portées devant la curie romaine. Pour rendre ces créances valables, Rome ne recula pas devant la menace de l'excommunication. Quand

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