‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 45 sur 551 · EXACTIONS DE LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

EXACTIONS DE LA PAPAUTÉ

l'intervention du pape, l'épiscopat se déshonorait par mille oppressions et exactions qui se tenaient suffisamment à l'abri des lois pour que les victimes n'eussent aucun moyen d'obtenir justice. Une histoire, entre bien d'autres, montre à quel point la possession d'un évêché était considérée comme lucrative. Un évoque, avancé en Age, convoqua ses neveux et autres parents afin qu'ils s'entendissent pour lui trouver un successeur. Ils désignèrent l'un d'eux et empruntèrent conjointement les grosses sommes nécessaires pour acheter la nomination. Malheureusement, l'évêque élu mourut avant d'être entré en possession et, sur son lit de mort, il dut subir les violents reproches de ses parents ruinés, qui se voyaient dans l'impossibilité de rembourser le capital emprunté par eux pour acheter leur part d'épiscopat !

St. Bernard nous apprend qu'on appelle aux évêchés déjeunes garçons, à un âge où ils se préoccupent surtout d'échapper à la férule de leurs maîtres ; mais ces enfants ne tardent pas à devenir insolents, à vendre l'autel et à vider les poches des fidèles.

En exploitant ainsi leurs fonctions, les évêques ne faisaient que suivre l'exemple de la papauté qui, directement ou par l'entremise de ses agents, devenait, à force d'exactions, la terreur des églises chrétiennes. Arnold, archevêque de Trêves de 1169 à 1183, se rendit très populaire en protégeant son peuple contre les exigences des nonces du pape ; chaque fois qu'il était informé de leur approche, il allait lui-même à leur rencontre et, par de riches cadeaux, obtenait qu'ils se dirigeassent vers un autre diocèse, au grand profit de son propre troupeau.

En 1160, les Templiers se plaignaient à Alexandre 111 que leurs efforts dans l'intérêt de la Terre Sainte étaient sérieusement entravés par les extorsions des légats et des nonces du

mss. in, 617 et suiv.) — O/wsc. Tripartiti P. m, cap. iv (Fasciculi Rer. expetendarura et fugiendarum, n, ^23, éd. de 1690).

Au mois de mai 1212, le légat Arnaud est appelé archevêque élu de Narbonne (Innocent. PP. III, Retjest. xv, 93, 101); mais d.ms le nécrologe de l'abbaye de Saint-Just de Narbonne, Bérenger, à la date de sa mort (11 août 1213), est encore qualifié d'archevêque (Chron. de Saint-Just, Vaissete, éd. Piivat, vin, 218).

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