‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 61 sur 551 · MESSES POUR LES MORTS · texte numérisé non relu

MESSES POUR LES MORTS

pas à condamner, dans les termes les plus sévères, la rapacité des monastères qui invitaient des hommes à partager leur retraite dans l'espoir de profiter de leurs libéralités, au détriment du prêtre de la paroisse, ainsi frustré dans sa légitime attente. Léon prescrivit, en conséquence, un compromis, aux termes duquel la moitié des biens ainsi acquis par un couvent devait être attribuée à l'Église du défunt, même s'il n'avait été introduit dans le monastère qu'après sa mort. Les églises paroissiales finirent par réclamer les cadavres de leurs paroissiens comme une propriété inaliénable et par refuser aux mourants le droit de choisir un lieu de sépulture. Il fallut plusieurs décisions des papes pour mettre un terme à ces réclamations abusives; mais les décisions de Rome concédaient toujours aux églises une partie de la somme — le quart, le tiers ou la moitié — que le défunt avait réservée pour le salut de son âme. Dans quelques endroits, l'Église paroissiale prétendait avoir le droit de toucher certaines sommes lors de la mort d'un quelconque de ses paroissiens; il fallut, en 1240, que le concile de Worcester décidât que, lorsque la veuve et les orphelins seraient réduits à la mendicité par le paiement de cette taxe, l'Église se contenterait charitablement d'un tiers de l'avoir laissé par le mort, en abandonnant les deux autres tiers à la famille. A Lisbonne, les dernières consolations de la religion étaient refusées à ceux qui ne léguaient pas à l'Église une partie de leurs biens, généralement fixée au tiers. D'autres coutumes locales attribuaient au prêtre la propriété de la bière sur laquelle le cadavre était porté à l'église. En Navarre, la loi réglait la valeur du présent que les indigents devaient offrir à l'Église pour la messe mortuaire; c'était, quand il s'agissait d'un paysan, deux mesures de blé. Dans le cas d'un caballero, l'offrande comportait un cheval de guerre, une armure et des bijoux. Il arrivait souvent que cette taxe onéreuse était supportée par le roi, en manière d'hommage à la mémoire de quelque preux chevalier. L'importance de ces impositions ressort du fait qu'en 1372 Charles II de Navarre paya au gardien Franciscain de Pampelune trente livres, pour racheter le cheval, l'armure et les autres objets

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