‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 65 sur 551 · IMMUNITE DES BIENS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

IMMUNITE DES BIENS ECCLÉSIASTIQUES

plaisance, le privilège de faire le mal, devait tôt ou tard être considéré comme un fléau par la société civile ; et lorsque, peu à peu, le règne de la loi s'établit à travers le monde chrétien, les tribunaux ordinaires trouvèrent, dans l'immunité du clergé, un obstacle plus grave que dans les prétentions des seigneurs féodaux. En fait, lorsqu'un malfaiteur était arrêté, sa première tentative consistait habituellement à établir qu'il appartenait au clergé, qu'il portait la tonsure et n'était pas sujet à la juridiction des tribunaux séculiers ; d'autre part, le zèle pour les droits ecclésiastiques, et peut-être aussi la cupidité, excitaient toujours les officiers épiscopaux à soutenir une pareille réclamation et à demander la mise en liberté du prévenu. L'Église devint ainsi responsable des excès d'une quantité de criminels, clercs de nom seulement, qui se servaient de leur immunité pour mettre au pillage la société laïque et y commettre toute sorte de méfaits (i).

L'immunité attachée également à la propriété ecclésiastique donnait naissance à des abus non moins scandaleux. Dans les causes civiles, le clerc, qu'il fût plaignant ou défendeur, avait le droit de se faire juger par les tribunaux ecclésiastiques, qui se prononçaient naturellement en sa faveur, alors même qu'ils n'étaient pas à vendre, de sorte qu'il devenait presque impossible à un laïque d'obtenir justice contre un clerc. Certains clercs achetaient à des laïques des créances douteuses et les faisaient valoir devant les tribunaux spirituels. Spéculation interdite, à la vérité, par les conciles, mais trop profitable pour qu'on pût la supprimer.

Un autre abus, qui excitait des plaintes très vives, consistait à harasser les malheureux laïques en les citant à répondre simultanément, dans la même cause, devant plusieurs tribunaux spirituels; chaque tribunal faisait peser la peine de l'excommu-

(i) Stephiiîii Tornacens. Epist. xn. — Innocent. PP. III, Rcgest. vi, 183; vin, 192-193; x, 209-210, 215; xv, 202. Pour la carrière ultérieure de Waldemar de Sehleswig, voir Reqest. xi, 10, 173; xu, 63; xm, 158; xv, 3, S up /dément. 187, 224, 228, 243. Cf. Arnold. Lubecens. vi, 18; vu, 12, 13, et Vaissete, ffist. g?n. rle Languedoc, iv, 80 (éd. de 1742). Pour les détads de Fini muni té clé* cale, ci. Lcu, Siudies m Church Uistory, 2e éd. 1883.

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