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CHAPITRE PREMIER

Formation, développement et extension des premières Crèches

DÉFINITION DE LA CRÈCHE.— ORIGINE DU MOT. — Depuis 18/44, on désigne sous le nom de crèches des établissements de bienfaisance, où sont gardés et soignés les enfants en bas âge pendant les heures de ravail de leur mère. Les enfants y reçoivent, jusqu’à ce qu'ils puissent entrer à l’école maternelle ou jusqu’à ce qu'ils aient accompli leur troisième année, les soins hygiéniques et moraux qu'exige leur âge.

Le nom de crèche fut donné à ces établissements par Firmin Marbeau, le fondateur de l’œuvre, afin de rappeler, dans une intention pieuse, la naissance de Jésus-Christ.

Antérieurement à Marbeau, cette appellation symbolique existait déjà dans la littérature relative à l'assistance infantile. C’est ainsi qu’au xvi° siècle, on appelait la crèche un grabat installé à la porte de la cathédrale de Paris, où les religieuses exposaient quelques enfants trouvés, pour obtenir des

aumônes destinées à les nourrir. A la fin du xvur° siècle, Jérémie Bentham donnait, dans son œuvre, le nom de crèches aux rangées de petites couchettes, superposées comme dans un paquebot, garnies de filets pour éviter les chutes dont il meublait la partie. réservée aux enfants dans son Panopticon, espèce de grand mazas de la misère, moitié prison et moitié hospice, que la maison de Nanterre rappelle un peu aujourd'hui.

BIOGRAPHIE DE FIRMIN MARBEAU FONDATEUR DE L'ŒUVRE DES CRÈCHES (1). — Firmin Marbeau, dont nous nous honorons d’être le compatriote, est limousin. Il appartient à cette génération de philanthropes, issus de notre province, qui, au cours du siècle dernier, s’efforcèrent d'être utiles à leurs semblables par leurs bienfaits, leurs entreprises ou leurs rêves. Les uns:se firent les organisateurs d’assistance et de mutualité : tel Charles-Philibert de Lasteyrie, de Brive, en créant la Société philanthropique, la Société pour l’encouragement à l’industrie nationale ; la Société pour l'instruction élémentaire, etc.; tel Honoré Arnoul, de Limoges, en créant la Société d'encouragement au bien, ou le P. Montazeau, de Coussac, en instituant le Cercle des Maçons et Tailleurs de pierres à Paris. MM. Edmond Beaudenom

1. Nous empruntons la plupart des détails biographiques qui suivent au remarquable travail publié par notre parent M. Louis de Nussac, et intitulé : Firmin Marbeau. (Impr. Linot, 1899).

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