‹ Histoire de l'Institution des CrèchesChapitre 14 sur 40 · A QI · texte numérisé non relu

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donnant, pour les rétribuer, la meilleure part du salaire gagné par son travail. De là est venue dans le cœur d’un généreux citoyen la pensée des crèches , le succès de cette pensée en a montré la sagesse et l'utilité !.. Règlement d'hygiène, sollicitude morale, précautions prises pour aider la mère sans l’éloigner, pour suppléer sa force et non sa tendresse, et en la ramenant aux heures où elle nourrit son enfant, lui conserver son lien et sa vertu maternelle... Simple récit d’une bonne action qui s'étend et se perfectionne pendant qu’on la raconte ; son écrit renferme déjà sur la puissance des saines habitudes dans l’âge le plus tendre, et sur léveil précoce et régulier de l'intelligence, d’utiles observations qui vont s’accroître avec l’œuvre nouvelle. Ici, comme partout, l’œuvre d'humanité est œuvre de politique. Elle prépare pour la famille, pour l'Etat, une population plus nombreuse, plus saine et plus forte, pliée de bonne heure à des habitudes d'attention et d'ordre qui sont des germes de discipline sociale. »

Les Autorités. — L'autorité ne ménagea ni ses approbations, ni ses encouragements à l'œuvre des crèches.

Dès le 31 mai 1845, M. le comte de Rambuteau, préfet de la Seine, signalait la crèche au Conseil municipal et sollicitait avec un vif intérêt, un secours de 1.500 francs qui fut accordé à titre d'’essai. En 1849, toujours sur la demande du préfet de la Seine, cette subvention fut portée à 2.500 francs ;

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les années suivantes, des considérations budgétaires la réduisirent à 2.000 francs.

Le 6 août 1845,le Conseil général des hospices, sur le rapport de M. de Boicervoise, daté du 15 mars, priait M. le Préfet « d’aviser aux moyens de multiplier le nombre des crèches et des asiles gratuits ou non graluits, et de faire concorder, autant que possible, l'ouverture et la fermeture de ces établissements avec les jours consacrés au travail ».

Le Conseil général de la Seine dans sa séance du 19 novembre 1845,et par une délibération longuement motivée, décidait, Article 1% : «qu’il y avait lieu . d'approuver toutes les dispositions contenues dans la décision prise par le conseil général des hospices le 6 août dernier ». L'article 23 du règlement sur les enfants trouvés du département de la Seine, approuvé par arrêté ministériel du 5 mars 1852, consacra définitivement les vœux ci-dessus émis.

D'autre part le Conseil général accorda à la Société des crèches, de 1850 à 1852, une subvention annuelle de 1.200 francs, qui fut réduite ensuite à 600 francs.

Le ministre de l'Intérieur, M. Duchâtel, dans une circulaire spéciale du 15 août 1845, disait aux préfets : «Ces établissements (les crèches) n’ont pas tardé à justifier pleinement les espérances des fondateurs, et leur utilité, tant pour la santé et la conservation des enfants que pour la facilité qu'ils donnent aux mères de se livrer à leurs travaux, est tout à fait incontestable... Il m’a paru, M. le Préfet, qu'il pou-

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vait être d’une bonne administration de propager ie plus possible la création des crèches. »

Dans une autre circulaire du 22 juillet 1846, le même ministre informe les préfets qu’ils recevront tous à l’avenir le Bulletin des Crèches, et les invite « de nouveau à donner tous leurs soins à la propagation de ces modestes et intéressants établissements ».

Deux ans plus tard, le 27 septembre 1848, dans l'exposé des motifs du projet de loi sur l'assistance, le ministre de l'Intérieur d'alors disait : «La crèche, cette seconde maternité, les salles d’asile, cette première éducation, s’introduisent peu à peu dans toutes les villes, et même parmi les populations rurales ; elles laissent peu à désirer, et leurs bons résultats ont frappé tous les esprits. »

M. Léon Faucher, également ministre de l'Intérieur, disait à son tour dans une circulaire aux préfets du 14 mai 1849: « Les services rendus par les crèches sont incontestables. Aussi:serait-il à désirer que cette institution charitable fût adoptée et propagée non seulement dans les villes, mais encore dans les communes rurales où elle rendrait de grands services... Je crois devoir vous engager à appeler leur attention sur les avantages des crèches. »

Enfin, M. de Persigny, dans une circulaire du 15 novembre 1852, constate: « que ces établissements charitables (les crèches) sont le mode le plus touchant et le plus efficace de venir en aide aux familles pauvres et laborieuses, en prenant soin de

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