‹ Histoire de l'Institution des CrèchesChapitre 15 sur 40 · ARE · texte numérisé non relu

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l'enfant de l’ouvrière pendant qu’elle travaille aux champs ou à l'atelier... ; que cette utile institution a pris des développements importants dans le département de la Seine, au milieu de la période de trouble et d’agitation des dernières années et que le plus grand nombre des départements ont suivi cet exemple...; enfin, que la propagation des crèches doit nécessairement amener la diminution du nombre des enfants trouvés et abandonnés. »

Le Parlement. — Le 27 mars 1846, Firmin Marbeau présenta à la Chambre des députés une pétition contenant plusieurs propositions, dans le but de combattre la misère et de secourir plus efficacement les malheureux. Une de ces propositions était relative aux crèches ; il y était demandé : « que le Gouvernement vienne au secours des crèches, déjà fondées et favorise la création de ces établissements. » Le 26 juillet 1847, la pétition de Marbeau fut rapportée par M. Boissel, député de la Seine, qui en développa les propositions et qui notamment fit l’éloge de la crèche. Au nom de la commission, il demanda à la Chambre « le renvoi de cette pétition à M. le ministre de l'Intérieur avec invitation de prendre les mesures nécessaires pour résoudre le plus convenablement et le plus promptement possible, les graves problèmes d'amélioration sociale qui y sont signalés.» Ces conclusions furent adoptées par l’assemblée.

Le 29 janvier 1850, l’utilité de la crèche fut encore une fois proclamée du haut de la tribune parlemen-

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taire ; M. Thiers dans son rapport général présenté au nom de la commission de l'assistance et de la prévoyance publique parla longuement et en termes élogieux des crèches et des salles d’asile : «.. Dans ces dernières années, une invention des plus ingénieuses et des plus touchantes, sous le titre de crèches et de salles d’asile, a institué des lieux pour y recueillir l’enfance depuis l’âge le plus tendre jusqu'à l’âge de l’école, et suppléer ainsi aux soins de la mère, obligée d'aller travailler loin de son enfant pour gagner la vie de cet enfant et la sienne. C'était la seule institution peut-être que l’humanité et la religion, dans les temps antérieurs, n’eussent pas encore songé à créer... L’humanité, de notre temps, à peine avertie de cette lacune existant dans nos institutions de bienfaisance, s’est emparée de cette idée, et les crèches et les salles d’asile se sont multipliées en France... C’est la bienfaisance privée, inspirée par la religion et par l'humanité, qui a inventé depuis les sociétés de maternité ; c’est cette bienfaisance privée qui a inventé tout récemment la plus ingénieuse, la plus touchante, la plus efficace de toutes les manières de secourir l'enfance : les crèches et les salles d'asile... »

Ainsi, l'œuvre des crèches fut accueillie dès sa naissance par l'approbation unanime des contemporains et les encouragements de toutes sortes lui furent prodigués. A la faveur de cette sympathie, la crèche, nous allons le voir, grandit et se multiplia

en quelques années avec une rapidité surprenante.

EXTENSION RAPIDE DES CRÈCHES A PARIS, EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER, — Paris et département de la Seine. — La première crèche avait été ouverte le 14 novembre 1844. Or, à Paris et dans le département de la Seine, on comptait :

en 1845... 6 crèches en activité en 1846... 14 — — en Aou. 16 — — en 1848... 19 — — en 1849... 21 — — en: 1890 7. 23 — — en, 1851... 25 — —— en 1852... 26 — ——

Après 1852, il se produisit un temps d’arrêt dans le développement des crèches à Paris ; nous en expliquerons la cause un peu plus loin.

Départements. — La province se montra tout d’abord imitatrice zélée de la capitale. Chaque ville importante voulut avoir sa crèche, et quelques années à peine s'étaient écoulées que les plus considérables d’entre elles en possédaient plusieurs. C’est ainsi que la crèche s'établit à Melun et à Strasbourg, dèsle mois d'octobre 1845 ; à Nantes, en janvier 18/6: à Lyon, Brest, Reims, Tours, en avril 1846 ; à Rennes, le 8 juin 1846; à Saint-Quentin, le 10 septembre 1846 ; à Beauvais, le 10 novembre 1846 ; à Montauban, le 1* août 1847 ; à Saint-Germain-en- Laye, Cambrai, en 1849 ; à Versailles, Chateau-Gontier, Mâcon, Vitry-le-François, en 1850; à Rouen, Avignon, Elbeuf, en 1851. À cette même époque

(1851), Marseille possédait 3 crèches, Rouen 2, Montauban 3, Nantes 3, Reims 3, Bordeaux 4, etc., etc. En Algérie, la première crèche fut ouverte à Alger en 1853 par Me la comtesse de Randon ; en 1854, Me de Mac-Mahon en fondait une à Constantine.

Dans plusieurs villes, ce furent les évêques qui prirent l'initiative ; ailleurs, et plus nombreux, ce furent les curés. À Montauban, ce fut le tribunal de commerce ; à Rennes, M. Letestu avocat ; à Brest, un sous-ingénieur de la marine ; à Lyon, M. l'abbé Cattet vicaire général et M. Durod conseiller municipal ; à Beauvais, M. Flye, ancien notaire et conseiller général, qui, quelques années plus tard, fit bâtir de ses derniers particuliers un local spécial ; à Sisteron, le sous-préfet ; à Avignon, le cercle catholique ; à Château-Gontier, l’autorité municipale ; à Dijon, une réunion d’ouvriers ; à Mayenne, M. l'abbé Delarue légua à sa ville natale 50.000 francs pour l'établissement des crèches et des salles d'asile, etc.

Belgique. — La société royale et philantrophique de Bruxelles, présidée par le D' Schuermans, ouvrit -dès le 25 décembre 1847, une première crèche, que le roi et la reine des Belges prirent tout d'abord sous leur protection. Grâce à un legs de Me la comtesse de Horms, une nouvelle crèche de cinquante berceaux fut ouverte peu après à Bruxelles, Verviers, Liège et Ixcelles, ne tardèrent pas à avoir les leurs.

Autriche. — Grâce à l'initiative du D" Carl Helm, l'Autriche fut, après la France, le pays d'Europe où les crèches se développèrent le plus rapidement. Le

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