‹ Histoire de l'Institution des CrèchesChapitre 22 sur 40 · AE ON · texte numérisé non relu

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quelques-uns de ceux que leur philanthropie ostensi. ble, et aussi leurs fonctions administratives auraient dû porter au premier rang des défenseurs de la crèche.

Nous allons retracer rapidement les épisodes de cette lutte qui dura plusieurs années et qui constitue la période douloureuse de l’histoire de l'institution des crèches.

La Société des Crèches demandait à être reconnue comme établissement d'utilité publique, afin de pouvoir, sans intermédiaires, placer et retirer les fonds que la charité du public et l’autorité lui confiaient, et accepter les donations ou legs qui étaient faits soit à elle-même, soit à une ou plusieurs crèches. Le Conseil d'Etat, avant de statuer sur cette demande, voulut connaître les avis de l'Administration de l’Assistance publique et de l'Administration municipale de Paris.

M. Vée, inspecteur général de l’Assistance à Paris, visita les crèches qui existaient alors dans la ville et fit un rapport dont la conclusion était qu'il y avait * lieu d'accorder. Maisle Conseil de surveillance de l’Assistance publique décida de procéder à une nouvelle enquête dont fut chargée une commission composée de MM. Monot, Riant et Lepelletier d'Aunay, ce dernier rapporteur. Le 25 décembre 1849, M. Lepelletier d’Aunay lut son rapport qui consistait en une énumération de critiques à l'adresse de linstitution des crèches ; voici, en substance quelles étaient ces critiques qui, d’ailleurs, n'étaient étayées d’au-

cune preuve :

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1° Les locaux de la crèche sont mal choisis et mal- SAins ;

2° Les soins donnés aux enfants sont insuffisants ;

3°La mortalité y est plus grande qu’à domicile ;

4° La crèche matérialise le sentiment maternel ;

b° L'éloignement des crèches est un obstacle ;

6° La crèche dégage la mère légitime du premier de ses devoirs ;

7° La crèche tend à faire naître dans l'esprit de Îa classe pauvre cette pensée que l’aumône est une humiliation pour celui qui la reçoit ;

8° Il faudrait quinze millions pour élever soixante mille enfants ;

9° Les secours à domicile aux mères nourrices sont plus désirables, plus efficaces et plus rationnels ;

10° Une institution qui touche si directement à la conservation de l’espèce humaine ne peut rester indépendante en dehors de l'autorité municipale ;

11° Enfin, la Société des Crèches, étant reconnue comme établissement d'utilité publique, deviendrait une nouvelle branche indépendante et rivale de l’assistance officielle.

La conclusion de ce rapport était € qu'il n'y avait pas lieu, quant à présent, de reconnaître la Société des Crèches commeétablissement d'utilité publique ».

La Commission municipale émit peu après un avis semblable, et la demande formulée par la Société resta en suspens.

Le 5 mai 1852, le ministre de l'Intérieur, M. de Persigny, approuva un règlement destiné à diminuer

PRE | le nombre des expositions d'enfants. L'article 23 de

ce règlement était ainsi conçu : « M. le Préfet est prié d’aviser au moyens de multiplier le nombre des crèches et des asiles gratuits ou non gratuits et de faire concorder autant que possible l'ouverture et la fermeture de ces établissements avec les jours consacrés au travail. » Ce règlement avait été rédigé le 6 août 1845 par le Conseil général des Hospices et approuvé par le Conseil général de la Seine en sa séance du 19 novembre 1845. La Société des Crèches prit prétexte de cet incident pour renouveler sa demande qui d’ailleurs était appuyée par M. de Persigny, lequel était personnellement très favorable à l'institution. Donc, une députation de la Société présenta le 29 août 1852 un long mémoire à Napoléon, Prince Président de la République, à l’effet d'obtenir : 1° que la Société des Crèches du département de la Seine, soit reconnue comme établissément d'utilité publique ; 2° qu'une subvention destinée à soutenir et à propager cette institution figure au budget de l'Etat ; 3 qu'il soit fait un règlement d'administration publique sur l'institution des crèches. Napoléon accueillit ces demandes avec la plus grande bienveillance, et le Conseil d'Etat (section de l'Intérieur) fut, de nouveau, saisi de la question. Mais avant de statuer, il voulut encore demander les avis du Conseil d’Hygiène publique et de Salubrité du département de la Seine, du Conseil de surveillance de l’Assistance publique et de la Commission municipale de Paris.

Le Conseil d'Hygiène publique et de Salubrité

Thévenin

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